Le mot-dièse #OnBloquelExtremeDroite s’est imposé en début de semaine dans les discussions en ligne, avec une visibilité particulière sur X. Derrière cette formule se trouve une initiative d’utilisateurs appelant à bloquer des comptes associés, par ses participants, à l’extrême droite. L’objectif affiché est de limiter leur présence dans les fils de discussion individuels et de réduire les interactions qui contribuent parfois à amplifier certains contenus sur les plateformes.
Le principe repose sur une fonction simple des réseaux sociaux : le blocage. Lorsqu’un utilisateur bloque un compte, il cesse généralement de voir ses publications et limite les possibilités d’échange direct avec lui, selon les règles propres à chaque service. Dans une démarche collective, cette pratique change d’échelle : elle ne vise plus seulement à éviter un contenu jugé indésirable, mais à organiser une forme de retrait coordonné face à des comptes considérés comme politiquement problématiques par ceux qui participent au mouvement.
La popularité du mot-dièse illustre la place prise par les outils ordinaires des plateformes dans les mobilisations numériques. Sans passer par une structure officielle ni par une campagne institutionnelle identifiable, un appel au blocage peut circuler rapidement, être repris, commenté ou contesté. Cette dynamique est particulièrement visible sur X, où les mots-dièses servent de repères pour agréger des conversations et rendre perceptible l’existence d’une mobilisation, même lorsqu’elle reste diffuse.
Cette pratique soulève aussi des enjeux plus larges sur la visibilité politique en ligne. Le blocage appartient aux moyens dont disposent les utilisateurs pour configurer leur expérience numérique, mais son usage coordonné interroge la frontière entre modération personnelle, action militante et rapport de force dans l’espace public numérique. Il ne s’agit pas d’une suppression de comptes par une plateforme : la décision reste, en principe, entre les mains de chaque utilisateur. Ses effets réels sur la circulation des contenus dépendent toutefois des mécanismes de recommandation, des interactions et des règles techniques propres à chaque réseau.
La progression de #OnBloquelExtremeDroite rappelle enfin que les controverses politiques se jouent aussi dans l’architecture même des plateformes. Les fonctions de blocage, de signalement ou de mise en sourdine ne sont plus de simples réglages individuels : elles deviennent des instruments de participation, de protection ou de contestation. Dans un environnement où l’attention mesure souvent l’influence, la visibilité d’un compte peut devenir un enjeu politique à part entière.






