Une sexagénaire s’est présentée aux urgences pour des vomissements et de violents maux de ventre. Un scanner à révélé une occlusion intestinale, qui correspond au blocage partiel ou total de l’intestin (grêle ou côlon). Un trouble qui empêche les aliments, les liquides et les gaz de circuler. Son cas a été décrit dans la revue British Medical Journal en 2020.
La découverte d’un calcul calcifié de 4 cm sur 3,5 cm
La patiente a dû être opérée en urgence pour retirer ce qui obstruait son intestin. Lors de l’intervention chirurgicale, les médecins ont extrait de son intestin un calcul calcifié de 4 cm sur 3,5 cm. Interrogée sur ses antécédents médicaux, la patiente a expliqué aux médecins avoir subi une opération, âgée de seulement 6 jours, car elle souffrait d’une atrésie jéjunale. Il s’agit d’une malformation congénitale caractérisée par l’interruption ou l’absence d’une partie du jéjunum (segment moyen de l’intestin grêle). Les bébés atteints de cette malformation ne peuvent pas digérer les aliments sans qu’ils ne restent bloqués au niveau de l’obstruction, empêchant les nutriments de circuler dans le tube digestif. Cela peut provoquer une occlusion intestinale chez le nouveau-né.
L’opération réalisée chez cette femme alors qu’elle n’était qu’un nouveau-né avait permis de corriger l’occlusion. Mais malheureusement la technique employée a entraîné des années plus tard la formation d’un calcul calcifié de taille importante, responsable des douleurs abdominales et des vomissements chez cette femme.
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La chirurgie consiste à lever l’obstruction et reconnecter l’intestin pour former un tube digestif continu, ont expliqué les médecins dans leur rapport. Chez cette femme, les médecins avaient procédé à une anastomose latéro-latérale : ils avaient relié les deux extrémités ouvertes de l’intestin qui n’étaient pas connectées, pour créer un passage entre elles. Concrètement, ils ont disposé les intestins en deux segments et les ont reconnectés en un point de chevauchement.

Photo du calcul extrait de l’intestin. © BMJ Case Reports
L’accumulation de résidus alimentaires a entraîné la formation d’une poche
Interrogé sur cette intervention par le média Live Science, le Dr Shant Shekherdimian, professeur adjoint de chirurgie pédiatrique à l’Université de Californie à Los Angeles, a indiqué que ce type d’intervention peut entraîner des complications, « car une partie du chevauchement est inutile ». « Elle est simplement là, inerte. De plus, comme l’intestin a été sectionné puis reconnecté, il ne possède plus les mêmes nerfs et la même capacité de propulsion qu’un intestin normal », a détaillé le chirurgien, qui n’a pas participé au rapport de cas.

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Pendant des dizaines d’années, des résidus alimentaires et d’autres substances du tube digestif se sont donc accumulés dans ce chevauchement créé par l’intervention chirurgicale ; conduisant au développement d’une sorte de poche. Dans cette poche d’intestin inactif, des débris qui n’ont jamais pu être évacués sont restés durant de longues années. Ce segment inactif a également absorbé tous les liquides durant tout ce temps. « Lorsque ces débris s’accumulent et absorbent les liquides, des calculs ou des substances ressemblant à des calculs peuvent se former », a expliqué le Dr Shekherdimian.

Photo du calcul coupé en deux dans lequel on peut voir qu’il est composé de différentes couches. © BMJ Case Reports

L’intérieur fibreux du calcul. © BMJ Case Reports
Le premier cas de formation d’un gros calcul 60 ans après une opération
En grossissant, la poche a comprimé le reste de l’intestin fonctionnel et a provoqué une nouvelle occlusion chez cette femme. « À notre connaissance, il s’agit du premier cas rapporté d’occlusion intestinale avec formation d’un gros calcul 60 ans après la réparation d’une atrésie jéjunale », ont écrit les auteurs dans leur rapport.
Heureusement, les symptômes de la patiente ont disparu après cette nouvelle opération. Selon le Dr Shekherdimian, le cas de cette femme montre que le type d’opération qu’elle a subie quand elle était bébé ne doit pas être vue comme une solution définitive car « bien souvent ce n’est pas le cas ». « Je pense que ce cas souligne l’importance d’un suivi et d’une évaluation rigoureux », a-t-il insisté. Le chirurgien a également fait remarquer que dans ce cas de figure, les chirurgiens devraient veiller à laisser la plus petite quantité de tissu intestinal non fonctionnel possible pour limiter le risque de complication.
Source:
www.futura-sciences.com




