À ceux qui l’attendent ou le redoutent, le grand chambardement de la semaine de classe des élèves parisiens n’aura pas lieu à la rentrée prochaine. En revanche, si le maire de Paris retient la recommandation majoritaire de la convention citoyenne sur la protection et les rythmes de l’enfant, l’organisation du temps scolaire et périscolaire pourrait en finir en septembre 2027 avec la réforme des 4 jours et demi qui fait tant polémique depuis 2013.
Les 80 parents tirés au sort ont planché durant un mois avant de présenter leur rapport ce mardi soir à Emmanuel Grégoire en salle du Conseil de Paris. Un document dense, adopté seulement la veille, et dans lequel le sujet du rythme de l’enfant ne fait pas consensus.
Six scénarios
Si le scénario du retour à la semaine de 4 jours avec le mercredi consacré au périscolaire remporte le plus d’adhésions, soit 77 % des participants, il est loin de faire l’unanimité et c’est au total six scénarios qui se déclinent avec plusieurs options. Études dirigées par les enseignants volontaires, semaine de 5 jours avec art, sport et périscolaire les après-midi, semaine de 4,5 jours avec périscolaire le vendredi…. De quoi avoir encore à se retrousser les manches pour travailler encore le sujet.
« Il n’y a pas de consensus sur le sujet des rythmes, eux-mêmes disent qu’il faut poursuivre la concertation, on doit travailler avec eux pour les modalités », annonçait Anne-Claire Boux, adjointe à l’Éducation, ce mardi juste avant la présentation du rapport dont elle n’avait pas encore eu connaissance.
À l’issue d’une présentation condensée, qui balayait tous les aspects du mandat qui avait été confié à la convention en pleine crise du périscolaire, de la protection des enfants, à la transparence, la formation, le recrutement, la professionnalisation des agents, le contrôle mais aussi les temps de l’enfant et le contenu pédagogique des temps périscolaire, Emmanuel Grégoire a annoncé à l’assemblée : « On va se revoir et on va continuer à travailler. »
Au cœur de leurs mesures : renforcer la protection des enfants face aux violences sexuelles, faire de la parole des victimes un repère central et affirmer le bien-être et la protection de nos enfants. « Protéger les enfants ne doit pas opposer les adultes qui les entourent, les animateurs ont un rôle important mais reconnaître ce rôle exige des moyens », a déclaré l’un des conventionnés en préambule.
Les parents ont demandé à ce que soit formé un comité de suivi des recommandations auquel le maire de Paris s’est déclaré « extrêmement favorable ».
« Sur le sujet des rythmes scolaires vous connaissez mon avis, j’avais dit à titre personnel que j’étais favorable aux 4,5 jours. Vos recommandations ne sont pas mes convictions, nous allons travailler à tous les scénarios posés sur la table. Le statu quo, je comprends qu’il ne convient plus à personne, j’en prends acte », a déclaré Emmanuel Grégoire.
Certaines des recommandations pourront être honorées dès cet été pour les centres de loisirs et dès la rentrée de septembre pour le périscolaire. « Le sujet beaucoup plus long des rythmes scolaires entraîne la réorganisation de centaines de milliers de familles, et de milliers d’agendas associatifs et professionnels. Nous devons prendre le temps de le mettre en œuvre avec rigueur. Je discuterai avec la rectrice du calendrier de la réforme que j’avais dans l’esprit pour 2027 », a ajouté le maire de Paris.
Les premières mesures seront présentées et arbitrées en Conseil de Paris début juillet.
Source:
www.leparisien.fr



