Selon le ministère de l’Agriculture, la récolte française de maïs devrait s’élever à 9 millions de tonnes en 2026, soit la plus basse depuis 1980. Outre la canicule et la sécheresse, le maïs a aussi été pénalisé par une réduction des surfaces cultivées.
La récolte française de maïs devrait chuter de 35% à 9 millions de tonnes en 2026, au plus bas depuis 1980, en raison de la diminution des surfaces dédiées et des canicules, a confirmé vendredi le ministère de l’Agriculture. La baisse de la production n’est pas seulement due au recul des rendements, estimés à 70,3 quintaux par hectare (-19% sur un an) sous l’effet de la canicule et de la sécheresse, mais aussi à une réduction des surfaces cultivées au profit d’autres (tournesol, jachère), les coûts ayant augmenté pour les cultivateurs.
Depuis fin juin, les agriculteurs sont touchés de plein fouet par les vagues de chaleur successives qui se sont ajoutées à un manque d’eau chronique en raison de la sécheresse. Des millions de volailles ont péri, étouffées par la chaleur, les prairies sont grillées et les vaches produisent moins de lait, tandis que la récolte de blé, déjà terminée, devrait baisser d’au moins 4%. La production de fruits et légumes souffre particulièrement, surtout en Bretagne, grosse région maraichère peu habituée à ces phénomènes climatiques qui ruinent les cultures de plein champ non irriguées.
Les syndicats agricoles et interprofessions ont lancé l’alerte plusieurs fois ces dernières semaines, au fil des réunions régulières au ministère de l’Agriculture et au niveau des régions, avec les professionnels, les banques et assureurs privés ainsi que la mutualité sociale agricole (MSA).
Un plan d’urgence annoncé par le ministère
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, avait annoncé mercredi un « plan global d’accompagnement canicule – sécheresse – incendies » pour les agriculteurs, avec des mesures d’urgence pour compenser les difficultés économiques et des « adaptations » pour l’accès à l’eau. Ce plan « comportera des mesures d’urgence en faveur de la trésorerie des exploitations, des prises en charge de cotisations sociales, des dispositifs de simplification et de dérogation, ainsi que des mesures destinées à faciliter la remise en production des exploitations les plus durement touchées », avait précisé le ministère, sans détailler davantage à ce stade.
La ministre avait aussi annoncé avoir saisi la Commission européenne pour que la politique agricole commune (PAC) fasse « preuve de pragmatisme ». De nombreuses aides européennes sont conditionnées à des exigences comme des obligations de couverture minimale des sols ou de rotations des cultures. La ministre souhaite un assouplissement pour permettre aux agriculteurs de toucher leurs subventions quand les conditions climatiques les ont contraints à ne pas respecter ces exigences.
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