QuantumDiamonds exploite les centres NV (Nitrogen-Vacancy), des imperfections dans un cristal de diamant où un atome d’azote remplace un atome de carbone, laissant un site voisin vacant. Sous illumination laser, ces micro-défauts réagissent aux champs magnétiques locaux avec une précision extraordinaire. Or, quand un courant circule dans les fils de cuivre d’une puce (gravés à quelques nanomètres de large), il génère de minuscules champs magnétiques. En scannant la surface d’un wafer, le capteur détecte les anomalies de flux qui signalent un fil brisé ou mal formé, sans aucune destruction, à l’air libre. La startup avance un délai de deux minutes là où les méthodes habituelles requièrent plusieurs semaines.
La comparaison avec ASML revient souvent dans les présentations de la startup et dans celles de ses investisseurs. World Fund parle explicitement de faire de QuantumDiamonds le « prochain ASML ». La formule est plus un souhait d’investisseur qu’un fait établi (ASML a mis quarante ans à dominer la lithographie). Elle dit néanmoins quelque chose sur le segment que vise la startup : il n’existe pas d’équivalent européen dominant dans la métrologie des puces avancées. Pour les industriels du Vieux Continent, pris en étau entre les pressions américaines et chinoises, une chaîne d’inspection souveraine représente une variable supplémentaire dans la course à l’autonomie technologique.
Bruxelles a trouvé dans QuantumDiamonds une première brique quantique dans la chaîne de valeur des semi-conducteurs. L’écart entre deux minutes en laboratoire et deux minutes en production industrielle reste le vrai test, mais c’est déjà l’écart qui sépare un champion européen d’un projet de recherche prometteur.
Source:
www.clubic.com



