La CLCV dénonce une « loterie tarifaire » pour la recharge des voitures électriques en France, soulignant un manque de clarté dans les tarifs. L’association nationale de défense des consommateurs a ainsi constaté des écarts de prix conséquents selon les bornes, les régions et les modes d’accès.
Après avoir étudié deux années de données tarifaires portant sur plus de 200 000 chargeurs accessibles au public en France, la CLCV fait état d’un manque de clarté et de transparence concernant la tarification des bornes de recharge pour les voitures électriques. Pour l’association nationale de défense des consommateurs, il est question d’une « loterie tarifaire ».
Bornes de recharge : une cacophonie tarifaire qui égare les usagers selon la CLCV
Dans un rapport long de 27 pages, la CLCV met en évidence trois facteurs clés qui expliquent cette instabilité des prix. Tout d’abord, pour une même borne et une même quantité d’électricité, le prix peut sensiblement varier en fonction du mode d’accès, comme l’application ou le badge utilisé. Le rapport indique : « un automobiliste peut payer 0,36 €/kWh en accès direct ad hoc, tandis que les prix facturés via certains opérateurs de mobilité peuvent atteindre 1,033 €/kWh, soit un écart pouvant approcher +190 % ».
Ensuite, les prix peuvent aussi sensiblement varier en fonction du mode de facturation : prix au kWh, à la minute, forfait par session. À cela peuvent s’ajouter des frais annexes (frais de connexion, de démarrage, de stationnement, d’occupation ou d’itinérance). Enfin, la CLCV constate des disparités en fonction de zones géographiques, et plus particulièrement à une échelle locale, selon la borne ou le réseau utilisé. Pour un même réseau et un même département, les prix locaux varient parfois de plus de 100 % à plus de 200 %. Le rapport indique ainsi que : « dans les Alpes-Maritimes, les tarifs observés sur des bornes 22 kW pour un même opérateur varient de 0,328 €/kWh à 1,162 €/kWh, soit un écart de 255 %. Dans les Hauts-de-Seine, ils s’échelonnent de 0,270 €/kWh à 0,960 €/kWh pour un autre opérateur, soit également un écart de 255 % ».
En rassemblant ces différents facteurs, le constat est sans appel pour la CLCV : « Cette complexité rend la comparaison difficile et empêche souvent le consommateur de connaître à l’avance le coût réel de sa recharge. À la différence des carburants, dont les prix sont affichés de manière homogène et directement comparables, la recharge électrique reste marquée par un déficit de transparence et de lisibilité ».
La CLCV demande plus de transparence et de lisibilité
Bien que la réglementation européenne impose une information tarifaire accessible avant le début de la recharge, l’association nationale de défense des consommateurs demande à ce que ces exigences soient respectées, mais aussi renforcées et harmonisées. La CLCV souhaite aussi « une généralisation de moyens de paiement simples et universels, dont le paiement par carte bancaire, afin de limiter le recours contraint à certaines applications ou badges et de faciliter l’accès à la recharge pour l’ensemble des usagers ».
L’association réclame par ailleurs que les écarts de prix entre le paiement direct et les tarifs des opérateurs de mobilité soient rendus visibles pour garantir une véritable transparence. Elle demande une simplification globale des grilles tarifaires, qui passe par la généralisation du prix au kWh comme indicateur de référence unique. Pour l’association, cette mesure est le levier le plus efficace pour aider les usagers à déchiffrer et à anticiper le coût exact de leur recharge. Enfin, la CLCV souhaite la mise en place d’un suivi national des prix.
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Source :
CLCV
Source:
www.01net.com



