Analyses & EnquêtesInterviewsSam Sauvage : comment l'admiration nous aide à devenir nous-mêmes ?

Sam Sauvage : comment l'admiration nous aide à devenir nous-mêmes ?

« J’aimerais ce matin vous parler d’un jeune garçon qui admire Bob Dylan. Il faut dire que Bob Dylan, il l’a rencontré au bon moment. Vous savez, cette queue de comète de l’adolescence quand on se sent un peu paumé, mal dans son grand corps et dans sa petite famille, jamais vraiment à sa place, toujours un peu de trop ou un peu à côté. Et c’est là qu’il est arrivé, Bob, Bob Dylan, avec son torse malingre et sa voix de canard, et son harmonica. « How many roads must a man walk down, before you call him a man ?” Oui, bonne question, combien de routes, combien de chemins, combien de rateaux, combien de blessures d’ego, combien de joies, d’émerveillements, combien de découvertes, « before, you call him a man » ? Comment on devient un homme, et surtout : comment on devient soi ?

Alors voilà : c’est l’histoire d’un jeune homme qui devient lui-même parce qu’il admire Bob Dylan. Parce que Bob Dylan l’a autorisé, Bob Dylan l’a libéré. Parce que peut-être il faut admirer les autres pour pouvoir devenir soi-même. Ca vous parait bizarre, contre-intuitif ? Vous vous dîtes que si on admire, on risque d’imiter et de ne pas devenir soi. Mais non, pas du tout. Car on admire toujours une singularité, on n’admire jamais personne pour sa parfaite obéissance à une règle, on n’admire jamais personne pour sa parfaite soumission à un conformisme ou à une norme. On admire toujours une singularité. Et ça nous donne des ailes pour devenir, à notre tour, une singularité. Mais il n’a pas admiré simplement Bob Dylan, il a admiré aussi Alain Souchon, Alain Bashung et même pas que des Alain, il a admiré aussi Bertrand Belin. Et ce furent autant de jalons sur cette route vers soi, ce furent autant d’élans, autant de raisons d’y croire et d’espérer. Ah comme il les plaint, ceux qui ne savent admirer. Engoncés dans leurs vêtements d’ironie, d’indifférence ou de blasement, ils ne savent admirer et c’est leur propre singularité qui s’en trouve entravée. Ne pas savoir admirer, c’est un peu comme ne pas savoir aimer, au fond c’est à soi que l’on nuit.

Pour en parler ce matin, j’ai la joie de le recevoir ce jeune homme, cet admirateur, cette étoile singulière. Il a un peu grandi depuis. Révélation masculine aux Victoires de la musique en 2026, un des artistes les plus programmés en festival cet été en France, devant- excusez du peu – Miki ou Maître Gims, il est venu nous parler d’admiration et de son album Mesdames Messieurs. Sam Sauvage a fait une pause dans sa tournée de folie des festivals pour nous rejoindre sous le soleil de Platon et en sa compagnie, nous allons nous demander comment l’admiration nous aide à devenir nous-mêmes. »

Concerts

Le vendredi 31 juillet à Luxey dans le cadre du Festival MusicalarueLe samedi 1er août à Malestroit dans le cadre du Festival Au Pont du Rock.Le dimanche 2 août à Crozon dans le cadre du Festival Du Bout du Monde.Le vendredi 4 septembre à Namur dans le cadre du Festival Les Solidarités.Le samedi 5 septembre à Bourgoin-Jallieu dans le cadre du festival Les belles journées à Bourgoin-Jallieu.Le jeudi 17 septembre à Charnay dans le cadre du festival Les Vendanges Musicales.

Live

Ne t’en fais pas pour elle interprété par Sam Sauvage à la guitare acoustique.

Album

Mesdames, Messieurs ! est sorti le 30 janvier 2026 aux labels Wagram / Cinq7.

Programmation musicale

SAM SAUVAGE : La Fin du Monde


Source:

www.radiofrance.fr

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