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Solaire : les raisons du coup de froid qui frappe le marché photovoltaïque en Espagne

Avis d’éclipse partiel sur le marché photovoltaïque espagnol. A l’instar du marché français, où les raccordements de centrales solaires au sol sont en baisse en raison d’une difficulté technique à brancher l’ensemble des projets au réseau public d’électricité, doublé de retards réglementaires, la filière espagnole connaît également des ratés. On déplore en effet dans le pays l’ouverture de nombreuses procédures – équivalentes à des redressements judiciaires – pour des sociétés de projets ayant levé plusieurs dizaines de millions d’euros, sous la forme de prêt ou d’obligations simples, auprès d’investisseurs parfois français. Les adeptes de l’investissement en crowdfunding peuvent le constater, les annonces de retard de paiement venues de la péninsule ibérique se multiplient.

Présent outre-Pyrénées, le leader européen de l’investissement participatif dans les énergies renouvelables, la société Enerfip, constate ces tensions de trésorerie. « Contrairement au réseau français, qui est en mesure de supporter de nouvelles connexions, le réseau espagnol n’est actuellement pas câblé pour le permettre, explique Julien Hostache, le président d’Enerfip. De nombreux projets ont été connectés au cours des trois dernières années… Or, ils ont été si nombreux qu’ils ne permettent pas l’entrée rapide de nouveau acteurs ». Pour ne rien arranger, le marché européen de l’électricité a affiché au cours des derniers mois des records de prix négatifs. Une période où les producteurs d’électricité en sont de leur poche dès lors qu’ils abondent de leur production un réseau déjà saturé.

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Selon l’observatoire des prix de l’électricité de Storio Energy, une société spécialisée dans le stockage d’électricité, 90 % des jours d’avril 2026 ont connu des périodes de prix nuls ou négatifs. « Cette chute des prix [jusqu’à atteindre -498 €/MWh le 1er mai ; un record ndlr] s’explique par une production photovoltaïque particulièrement élevée, combinée à une plus faible modulation du parc nucléaire », détaille l’observatoire.

Paradoxe, au cours d’une même journée, « l’écart moyen entre le prix minimum et le prix maximum atteint 143 €/MWh, soit 3,5 fois le prix moyen du marché [autour de 40 € donc ; ndlr] », en raison d’une inadéquation entre l’offre et la demande. Une illustration que le marché a besoin de solutions de stockage d’énergie pour délivrer, même en soirée ou au petit matin, l’énergie que le soleil a permis de produire la veille. « De fait, les sociétés de projets espagnoles qui ne connaissent pas la crise sont celles qui couplent solution de stockage et énergie renouvelables », explique Eduardo Calderon, d’Enerfip Espagne.

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Si la France affiche également un retard en matière de stockage, ce n’est en revanche pas le cas de l’Italie, un pays structurellement peu producteur d’énergies renouvelables, qui a récemment appuyé sur l’accélérateur pour combler son retard. Apprenant des erreurs des autres, il multiplie depuis deux ans déjà les projets couplant production d’électricité verte et stockage. Un choix destiné à stabiliser les prix, tant pour les ménages que pour l’industrie.


Source:

www.challenges.fr

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