LifestyleSouheila Yacoub : interview avec l'actrice d'Evil Dead Burn

Souheila Yacoub : interview avec l'actrice d'Evil Dead Burn

Quand vous êtes venue présenter Evil Dead Burn lors de la projection pour les journalistes, vous aviez avoué ne pas encore avoir vu le film. Vous deviez le regarder le lendemain. Que ressent-on avant de découvrir un film dans lequel on a joué ?J’avais très hâte de découvrir le résultat final parce que le tournage du film avait été assez éprouvant. Avant de me lancer dans le projet, j’appréhendais un peu le fait d’être à l’autre bout du monde, en Nouvelle-Zélande, pendant plus de trois mois. Je craignais aussi de ne pas être à la hauteur du projet, qui fait partie d’une franchise horrifique très appréciée. Le ressenti des spectateurs est très important. Je pense que Sébastien et moi avions envie qu’ils aient peur mais soient aussi touchés par la trajectoire de mon personnage.

Ça vous est déjà arrivé de sentir un vrai décalage entre le film que vous vous étiez imaginé pendant le tournage et le résultat final ?Plein de fois. J’ai souvent pensé “Ah mince, je ne voyais pas le film comme ça”. J’ai fait des films où j’ai senti que j’étais mal dirigée ou que j’étais à côté de la plaque.

C’est quelque chose que vous percevez assez facilement ?Très facilement. Mais Sébastien pourra vous le dire, je n’aime rien ! [Rires] Je suis très dure avec mes films. Je doute tout le temps de ce que je suis en train de faire, j’ai peur que les gens ne croient pas dans ce que je fais… J’adore jouer mais je ne peux pas me regarder sur un écran. Je ne prends pas de plaisir, ça ne me fait pas du bien. Lorsqu’il y a un combo sur le plateau de tournage, je ne veux pas m’y voir. Je veux simplement croire à ce que je dis et jouer avec les autres. Quand je me vois, ça provoque chez moi comme un rejet.

Cela doit être encore plus difficile dans un film d’horreur qui met à l’honneur des émotions aussi extrêmes.Faire un film d’horreur avait quelque chose d’assez thérapeutique, en réalité. C’est un pur exercice de lâcher prise. Dans la vraie vie, je ne suis pas quelqu’un qui exprime facilement ses sentiments. Je suis assez pudique sur ma façon d’aborder les problèmes de la vie. J’adore jouer des scènes où je dois pleurer, ça me réconforte.

Il y a un nombre conséquent de scènes où c’est le cas dans Evil Dead Burn…Oui, il y en a presque trop ! En plus, Sébastien est quelqu’un qui aime bien filmer les gens de près, pour capturer chaque partie d’un corps qui souffre. Il veut que ce soit très physique, que j’exploite tous les muscles de mon visage et de mon corps. Le public décidera si c’est too much !

Arrivez-vous à regarder le film dans lequel vous jouez en simple spectatrice ou pensez-vous déjà à tout ce que vous allez raconter pendant les interviews ?Ça dépend des films. Pour Dune : Deuxième Partie, mon rôle était assez secondaire, j’ai juste eu à me plonger dans le film. C’était vraiment une claque de le regarder, tellement spectaculaire ! J’ai ressenti cela avec Evil Dead Burn. Le fait qu’une très grande majorité du film soit jouée en anglais permet de mettre de la distance. La générosité que Sébastien met dans la mise en scène, qui atteint parfois des sommets grotesques, fait aussi que j’arrive vraiment à m’amuser en le regardant. Mais j’aimerais que les spectateurs ne viennent pas juste prendre un shoot d’adrénaline devant le film, qu’ils soient surpris par l’émotion qui s’en dégage.


Source:

www.gqmagazine.fr

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