Le 8 octobre, les éditions Steinkis lanceront « Lignes d’action », nouvelle collection de romans graphiques consacrée aux grands enjeux politiques et sociaux contemporains. Pensée à l’aune de l’élection présidentielle de 2027, cette série de petits formats (A5), proposés à 7,95 euros, entend favoriser la circulation des idées auprès d’un large public.
La collection s’ouvrira avec deux premiers titres : Manifeste pour une écologie politique, d’Alessandro Pignocchi, et (Re) penser le travail, de Dominique Méda et Max Lewko. Six ouvrages paraîtront chaque année, avec des tirages compris entre 12 000 et 14 000 exemplaires.
Des formats accessibles
Habituée aux romans graphiques de grand format vendus entre 20 et 24 euros, la maison indépendante fait ici le choix de publications plus courtes, au propos plus direct et aussi à un prix plus accessible. « C’était indispensable pour nous, explique Anne-Charlotte Velge, directrice éditoriale de Steinkis. J’avais envie qu’éditorialement nous puissions nous mobiliser et proposer quelque chose qui fasse sens. Nous voulions une proposition encore plus directement politique que le reste du catalogue, avec des livres accessibles qui puissent circuler. »
Une collection engagée
Connue pour son catalogue consacré aux enjeux de société, Steinkis souhaite prolonger cette ligne éditoriale avec des essais graphiques « à la fois sensibles et engagés ». Les auteurs réunis dans la collection sont issus d’horizons variés et ont parfois des liens avec les milieux universitaires, intellectuels ou militants.
« On a envie de toucher les citoyens dans leur ensemble », souligne Anne-Charlotte Velge. Un troisième volume, prévu au printemps, abordera la question de la jeunesse et de la génération qui votera pour la première fois en 2027. L’objectif est de s’adresser aussi bien aux 15-30 ans qu’aux générations précédentes, afin de mieux comprendre les attentes et les préoccupations de ces nouveaux électeurs.
Le dessin comme outil de réflexion politique
Pour Steinkis, le recours au roman graphique permet d’incarner des sujets souvent abordés de manière abstraite. Dans (Re) penser le travail, Dominique Méda et Max Lewko donnent ainsi la parole aux travailleurs eux-mêmes. « Le monde politique est porteur de nombreux présupposés sur le travail. Là, les travailleurs peuvent commenter, nuancer et faire des contre-propositions », explique l’éditrice.
Le dessin constitue également un moyen de rendre plus accessibles des notions complexes : « En 30 ou 40 minutes, on peut s’emparer d’un sujet à travers le regard d’un acteur du monde social. Le dessin permet aussi de ressentir les choses différemment », souligne Anne-Charlotte Velge.
Tous les auteurs de la collection ont par ailleurs intégré une dimension humoristique à leur récit. « Les thèmes abordés peuvent être durs ou dramatiques. L’humour permet de les désamorcer et de proposer un regard plus accessible », poursuit-elle.
Avec « Lignes d’action », Steinkis entend créer un espace de réflexion et de débat : « Nous voulons créer un espace pour une pensée de gauche émancipatrice, tournée vers l’avenir. La peur ne doit pas capturer le débat politique de la présidentielle », affirme la directrice. Avant de conclure : « L’idée de cette collection, c’est de donner à chacun la capacité d’agir. »
Source:
www.livreshebdo.fr



