Un représentant du personnel au sein des services du Premier ministre a effectué un signalement auprès de la procureure de Paris pour harcèlement moral et mise en danger d’autrui d’une fonctionnaire, des faits qui l’auraient conduite à tenter de se suicider, a appris ce lundi 3 août l’Agence France presse auprès de leur avocate.
Selon les informations du Parisien, les personnes qui se sont suicidées ou qui auraient tenté de le faire ne travaillaient pas directement avec Sébastien Lecornu. Le Premier ministre compte 60 conseillers sous ses ordres directs (son cabinet), mais plus de 3 450 personnes travaillent dans les services du locataire de Matignon.
Car une myriade d’entités autonomes existent, comme le Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale (SGDSN) ou la Direction de l’information légale et administrative (DILA).
Toutes sont gérées par la Direction des services administratifs et financiers (DSAF), qui a mis en place les mécanismes de prise en compte des risques psychosociaux, et par exemple a déployé le dispositif vigisouffrances, selon nos informations.
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Une salariée retenue par un usager alors qu’elle s’apprêtait à se jeter sous un train
Le signalement, révélé par France Inter et daté du 25 juin, fait état depuis octobre 2025 de deux suicides, d’une autre tentative de suicide et d’une mort suspecte (une personne retrouvée morte dans les toilettes).
Le même jour, une plainte a été déposée par cette fonctionnaire pour « harcèlement moral », a précisé Me Christelle Mazza. Contacté par l’AFP, le parquet de Paris a indiqué qu’à la suite de cette plainte, une enquête préliminaire avait été ouverte et confiée à la brigade de répression de la délinquance à la personne.
Le signalement désigne comme « victime principale » cette fonctionnaire du service de la correspondance du Premier ministre (SCPM), et met en cause quatre personnes.
Sont évoqués un retrait progressif de responsabilités, des humiliations publiques, des commentaires dévalorisants, un isolement croissant avec une affectation dans un bureau au sous-sol, qui ont entraîné une souffrance au travail et une dégradation de son état de santé, jusqu’à son hospitalisation en avril après avoir voulu se suicider.
Elle a été retenue par un usager alors qu’elle s’apprêtait à se jeter sous un train, a expliqué à l’AFP son avocate.
Des services « déstabilisés depuis notamment la dissolution de l’Assemblée nationale »
Le 26 mars, un collègue d’un « service adjacent », le Secrétariat général du gouvernement (SGG), s’était jeté sous un train « dans un contexte de souffrance au travail identifié », selon ce signalement, qui dénonce des « manquements de l’employeur à son obligation de protection ».
Le représentant du personnel fait état d’« une situation de harcèlement moral institutionnel présumée » au sein des Services du Premier ministre.
« Il ressort des éléments du dossier que les services du Premier ministre sont profondément déstabilisés depuis notamment la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 et la succession des Premiers ministres et cabinets ministériels, la situation ayant commencé à se dégrader à l’automne 2024 pour les personnels administratifs », écrit Me Christelle Mazza dans un courrier accompagnant la plainte et le signalement.
Source:
www.leparisien.fr




