« J’ai envie que ce soit lui qui aille au goulag et pas moi ». La réplique pourrait être tirée d’un film d’espionnage ; venant d’un acteur clé du marché de l’art mondial de ces vingt dernières années, Yves Bouvier, elle fait référence au milliardaire russe Dmitri Rybolovlev. Filmée comme un drame shakespearien en trois actes, cette série documentaire revient en détail sur une affaire tentaculaire qui a ébranlé, comme aucune autre, le monde de l’art.
En 2015, Bouvier, que l’on surnomme « le roi des ports francs » (ces entrepôts échappant à toute taxation), est arrêté à Monaco à la suite d’une plainte portée par le richissime oligarque. Celui-ci est persuadé que son ancien ami et collaborateur s’est versé, durant plusieurs années, de mirobolantes « commissions » en acquérant des toiles de maîtres pour le compte de sa prestigieuse collection.
Chefs-d’œuvre et offshore
D’extraordinaires chefs-d’œuvre signés Gauguin, Klimt, Magritte, Rothko ou Van Gogh sont ainsi passés entre les mains du marchand genevois, lui permettant d’empocher au passage une enveloppe totale estimée à 1 milliard de dollars (environ 935 M€), soit la moitié de la valeur de la collection de son client. De quoi permettre à Bouvier d’étendre plus encore son empire du stockage offshore, et même de lancer un titanesque projet de cité de l’art sur l’île Seguin, à Paris.
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Une guerre judiciaire sans merci
« J’ai envie que ce soit lui qui aille au goulag et pas moi ».
Jusqu’à ce que des révélations dans la presse viennent instiller le doute. Une guerre judiciaire sans merci va s’ensuivre, non sans éclabousser au passage les pouvoirs monégasques et la maison de vente Sotheby’s. En point d’orgue, la vente de la pièce maîtresse de Rybolovlev, le fameux Salvator Mundi attribué à Léonard de Vinci, qu’il aura payé 127 M$ (107 M€) à Bouvier et revendu aux enchères, quatre ans plus tard, pour la somme démentielle de 450 M$ (380 M€).
Comment définir la fraude quand la valeur d’une œuvre est si volatile ? Cette enquête au scalpel offre une rare plongée dans les tréfonds les plus opaques d’un marché de l’art globalisé profitant aux ultra riches, entre fraude fiscale, scandales d’État et jeux de dupes.
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L’Oligarque et le Marchand d’art
série documentaire d’Andreas Dalsgaard, 2026
3 épisodes de 60 min • arte.tv
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Source:
www.beauxarts.com



