Daniel Bernard, PDG de Carrefour de 1998 à 2005, est mort à 80 ans d’une longue maladie, a annoncé mercredi 5 août un proche de la famille de ce dirigeant qui a œuvré à la transformation du distributeur français en géant mondial.
Daniel Bernard est « décédé dans la nuit du 4 au 5 août 2026 », a indiqué un proche de sa famille, saluant « un des grands architectes de la distribution moderne », dans un communiqué. « Issu d’une famille modeste du Nord », ce diplômé d’HEC s’est fait la main au sein de Socam Miniprix, Mammouth, Delta, puis du groupe allemand Metro, avant de mettre son expertise du secteur et des hypermarchés à Carrefour, d’abord comme directeur général, en 1992, puis comme PDG.
Sous son impulsion, le « champion français » accélère son développement international et se hisse au rang de deuxième distributeur mondial derrière le géant américain Wal-Mart (devenu depuis Walmart), à la faveur d’une fusion en 1999 avec le groupe Promodès (enseignes Continent, Champion, Shopi, 8 à Huit). Il a également inventé les « filières qualité carrefour » qui visait à améliorer « les relations du distributeur avec le monde agricole en signant des accords de longue durée », souligne le communiqué.
Évincé en 2005
Malgré des succès remarquables à l’étranger, Daniel Bernard est évincé en 2005, ayant échoué à redresser le cours du titre en Bourse, en chute depuis trois ans, de même que les hypermarchés français qui plombent les résultats du groupe. À l’époque, les conditions financières de son départ scandalisent l’opinion, notamment une retraite-chapeau d’1,2 million d’euros annuels, un montant finalement annulé par la justice quelques années plus tard.
« Il n’a pas touché un centime » à ce titre, a insisté la source proche de la famille.
Après Carrefour, Daniel Bernard a notamment présidé le groupe de bricolage britannique Kingfisher (Castorama en France) ainsi que le groupe Majid Al Futtaim (MAF) Retail, basé à Dubaï. Président de la fondation HEC de 2008 à 2014, il a également participé à plusieurs conseils d’administration de grands groupes comme Capgemini. Décrit par le proche de sa famille comme un « homme de conviction profondément humaniste », ce passionné de jardinage et d’opéra continuait d’accompagner de jeunes entrepreneurs dans leurs projets, via sa société d’investissement et de conseil Provestis.
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