Il pensait récupérer un beau cadre. Il a, sans le savoir, sauvé une œuvre originale du fameux peintre espagnol Joaquín Sorolla (1863–1923). À Séville, l’histoire rocambolesque d’une peinture oubliée sur un trottoir s’est finalement achevée par une restitution à ses propriétaires, grâce à l’honnêteté d’un touriste.
En plein déménagement, les propriétaires avaient laissé par mégarde un tableau sur le trottoir, avant de repartir sans s’en apercevoir. Quelques instants plus tard, Andrés Hurtado, un visiteur espagnol venu de Murcie, remarque l’objet. Surtout séduit par son cadre, il l’emporte dans un simple sac de courses jusqu’à son hôtel.
Restituée à ses propriétaires
C’est alors qu’il regarde la peinture d’un peu plus près. Le doute s’installe. Après avoir interrogé sur son smartphone une intelligence artificielle, qui lui suggère que l’œuvre pourrait être authentique, il prend contact avec une maison de ventes. Entretemps, les propriétaires ont déjà signalé la disparition du tableau à la police.
Dès qu’il comprend qu’il ne s’agit pas d’un bien abandonné mais d’une œuvre recherchée, Andrés Hurtado prévient les autorités afin qu’elle soit restituée. En guise de remerciement, le propriétaire lui a promis un cadeau.
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Une œuvre à la touche vive et spontanée
Pouvant, selon certaines estimations, atteindre les 150 000 euros, l’œuvre retrouvée est un petit tableau dédicacé par Joaquín Sorolla à la famille de ses propriétaires. En accord avec le style qui a fait la renommée de ce grand peintre de la lumière, ayant pour sujet de prédilection les plages espagnoles, elle représente une vue maritime, avec une bande de sable au premier plan, la mer traversée de franges d’écume et un ciel illuminé de jaune pâle.
L’œuvre fait probablement partie des « Notas de color » (« Notes de couleur ») : réalisées sur le motif, ces peintures à l’huile de petit format permettaient à l’artiste de saisir rapidement les variations de lumière, les effets atmosphériques et les harmonies colorées. D’une touche vive et spontanée, le peintre y poursuit sa quête inlassable de l’éclat méditerranéen, faisant vibrer les couleurs, les reflets et les lueurs avec une remarquable économie de moyens.
Plus discrètes que ses grands tableaux, ces toiles sont plus vulnérables aux méprises. Malgré leur caractère expérimental et leur aspect esquissé, elles n’étaient pas considérées par Sorolla comme des études mais comme des œuvres à part entière… Dont une aurait pu finir à la poubelle sans la vigilance de notre touriste providentiel !
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Source:
www.beauxarts.com



