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Une capacité à combattre en chute libre pour le F-35: un nouveau rapport étrille le "meilleur" avion du monde, moins de la moitié sont aptes au combat

Selon un rapport publié par le Bureau de la responsabilité gouvernementale des États-Unis, les F-35, bijoux technologiques, sont incapables « d’accomplir la totalité de ses missions » durant 75% du temps.

C’est un programme à près de 2.000 milliards de dollars qui peine à s’envoler. Le F-35, l’avion de combat américain, peine à satisfaire, selon un rapport du Bureau de la responsabilité gouvernementale des États-Unis publié le 11 juin dernier. Pour cet avion, le fleuron de l’aviation des États-Unis, les derniers chiffres sont en effet accablants: entre 2021 et 2025, « le taux de disponibilité opérationnelle, soit le pourcentage de temps durant lequel l’appareil est capable d’accomplir l’une de ses missions assignées, est passé de 67% à 44% ».

« Le taux de pleine capacité opérationnelle (pourcentage de temps durant lequel l’appareil est capable d’accomplir la totalité de ses missions) est passé de 38 % à 25% », constatent aussi les auteurs de ce rapport.

Les coûts du F35 continuent de grimper

Conséquence, le programme F-35 « n’a pas atteint les objectifs de performance fixés, ces derniers étant même en baisse ».

Alors comment explique-t-on qu’autant de ces avions soient cloués au sol? « Selon des responsables de l’US Air Force, la baisse des taux de disponibilité opérationnelle totale en 2025 est due à l’acceptation de nouveaux aéronefs non opérationnels en raison de retards logiciels, ainsi qu’à des difficultés persistantes liées à la rareté des pièces et aux inspections et réparations de la corrosion », d’après ce document.

Autre problématique, ces cinq dernières années, « les coûts de maintien en condition opérationnelle du F-35 n’ont cessé d’augmenter ». Alors pour remonter la pente, il serait nécessaire d’investir au moins 13,7 milliards de dollars pour atteindre un taux de disponibilité complète de 65% en 2030. Afin d’atteindre ce chiffre, plusieurs « axes d’effort » sont identifiés, notamment sur l’achat, l’approvisionnement et l’affectation de pièces de rechange, sur les composants les plus « critiques » et les programmes de maintenance afin de « minimiser les temps d’arrêt ».

Mais rien n’indique que ces problématiques seront résolues, pour plusieurs raisons. Déjà, car ce programme « dépend du secteur privé pour la fourniture de plus de 7 milliards de dollars de pièces et autres matériels supplémentaires ».

« Les coûts estimés du F-35 continuent également d’augmenter. De ce fait, les forces armées américaines devront faire face chaque année à un écart de plus d’un milliard de dollars entre les coûts prévus pour le maintien en condition opérationnelle de leurs F-35 et leurs objectifs d’accessibilité financière d’ici le milieu des années 2030 », souligne aussi le rapport.

Succès à l’export malgré tout

Le Bureau de la responsabilité gouvernementale des États-Unis observe aussi « un recours aux primes contractuelles qui n’a pas permis d’atteindre les objectifs de disponibilité ». Celles-ci ont donc été versées sans aucune raison. Alors, si cela se poursuit, le programme « risque de récompenser des prestations qui ne contribuent pas à la réalisation de ses objectifs ». Pour y remédier, le Bureau de la responsabilité gouvernementale des États-Unis, qui dépend du Congrès, recommande « l’adoption de sanctions en cas de performance insuffisante et la réévaluation des seuils d’incitation afin d’améliorer la performance et de répondre aux exigences opérationnelles ».

Disponibilité insuffisante, coût qui explose, moteur inadapté… Depuis plusieurs années, les rapports sur les difficultés du F-35 se multiplient. Pourtant, les États-Unis, qui comptent déjà 800 F-35 dans leur arsenal, en obtiendront encore davantage dans les prochaines années, avec un objectif de 2.500 exemplaires, d’ici 2045.

Mais ces problématiques autour du programme le plus coûteux pour le Pentagone ne semblent pas refroidir plusieurs clients désireux d’obtenir cet avion furtif. Malgré des factures qui explosent, le Danemark, la Suisse, le Canada et de nombreux pays européens ont fait le choix d’acquérir l’avion de combat. Et la liste, déjà longue, pourrait bientôt se garnir d’un pays supplémentaire. Donald Trump, interrogé sur un possible accès de la Turquie aux avions de chasse américains, a indiqué la semaine dernière qu’il allait prochainement rendre le président turc Recep Tayyip Erdogan « très heureux ». Ankara avait été exclu du programme des F-35 en 2019, non seulement comme client mais aussi comme partenaire industriel de l’avion de combat américain, pour avoir acquis un système de défense russe anti-missile S-400.


Source:

www.bfmtv.com

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