Analyses & EnquêtesInterviewsVenezuela: "Un pays déjà en ruines avant le séisme"

Venezuela: "Un pays déjà en ruines avant le séisme"

A la Une de la presse, ce lundi 29 juin, la poursuite des recherches au Venezuela, où des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues après le double séisme de mercredi dernier. L’alerte rouge canicule levée pour l’ensemble des départements français, alors que le bilan humain s’annonce très lourd. Le coup de chaud diplomatique, après la reconnaissance, hier, par le gouvernement israélien, du génocide arménien de 1915 – un terme réfuté par la Turquie. Et une première au Japon.

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A la Une de la presse, la poursuite des recherches au Venezuela, où des dizaines de milliers de personnes sont portées disparues après le double séisme de mercredi dernier.

«Le Venezuela se sauve de ses propres mains»: le journal espagnol El Pais évoque des opérations de secours «précaires et sans moyens», alors que les autorités disent retrouver jusqu’à 20 corps par heure. Les sinistrés rencontrés par Libération dénoncent «l’incurie d’un pays rongé par la faillite économique, les dérives autocratiques et les pressions américaines», un pays qui était selon eux «déjà en ruines» avant le séisme. «Le gouvernement socialiste révolutionnaire du Venezuela a résisté aux soulèvements, à l’isolement international et à la destitution de son dirigeant, Nicolás Maduro, par les forces américaines mais il est confronté aujourd’hui à son plus grand défi: la colère face à sa réponse insuffisante», rapporte The Financial Times. Dans une tribune publiée par le journal espagnol El Mundo, l’opposant vénézuélien Julio Borges Junyent écrit que «le séisme n’a pas causé la destruction du Venezuela (mais qu’)il l’a rendue visible», que «la destruction causée par le séisme a été soudaine et violente (mais que) la blessure infligée à l’âme nationale (par le chavisme) a été lente, délibérée et intentionnelle» – une âme vénézuélienne qui «respire encore», selon lui, à-travers la solidarité mutuelle de ses concitoyens. Face à un gouvernement qu’il décrit comme «illégitime et incompétent», El Nacional, journal vénézuélien d’opposition, salue le courage de ses compatriotes «aguerris à la résistance durant 27 années de destruction nationale» et qui «affrontent aujourd’hui des montagnes de décombres seuls, armés de leurs seules ressources».

En France, l’alerte rouge canicule a été levée pour l’ensemble des départements mais les conséquences de la vague de chaleur ne sont pas terminées. Le Figaro indique que les premiers chiffres de Santé publique France, au moins 1 000 décès de plus que ­d’habitude entre le 24 et le 26 juin, font redouter «un très lourd bilan humain», en particulier à Paris, dont les deux funérariums sont déjà complets. Des chiffres qui suscitent là encore la colère. Le site d’info Mediapart dénonce «la gestion verticale des autorités», «au détriment d’une approche collective» – une critique partagée, selon lui, par les professionnels de la santé publique «qui dressent un parallèle avec la gestion calamiteuse de la crise du covid-19», regrettant par exemple «l’absence de coordination avec le milieu associatif ou de discours politiques forts à destination des jeunes». «Le pays brûle, et les candidats à la présidentielle regardent ailleurs»: reprenant la formule de l’ancien président Jacques Chirac, le journal L’Opinion déplore que les prétendants à l’Elysée ne semblent pas, de leur côté, «avoir tiré d’enseignement fort» de cette crise, le débat n’ayant «pas dépassé le stade de savoir s’il fallait climatiser l’Hexagone».

Et pourtant il y a urgence. La géographe Magali Reghezza-Zitt rappelle dans L’Humanité que «l’inaction climatique revient à trier ceux qui survivront et ceux qui mourront» lors des prochaines vagues de chaleur. Car la question n’est plus de savoir si elles auront lieu mais quand. D’après Le Parisien, «la barre symbolique de 50°C, déjà atteinte dans des pays d’Afrique, du Moyen-Orient et dans certaines régions américaines, ne semble plus inaccessible en France». En attendant, «des canicules plus longues et plus intenses» sont à prévoir.

De la vague de chaleur au coup de chaud diplomatique, après la reconnaissance, hier, par le gouvernement israélien, du génocide arménien de 1915 – un terme réfuté par la Turquie. Selon Yediot Aharonot, cette «reconnaissance historique» met un terme «à des années de prudence à l’égard de la Turquie et de l’Azerbaïdjan», ce dernier pays étant présenté par le journal israélien comme «un partenaire stratégique, frontalier de l’Iran et entretenant des liens importants en matière d’armement» avec l’Etat hébreu. S’agissant de la Turquie, le site américain Politico évoque un «contexte de tensions» dont «le point de rupture» a été la guerre à Gaza, qui a fait plus de 73 000 morts palestiniens et conduit le président Erdogan à accuser à plusieurs reprises Israël de «génocide». Des accusations qu’il a répétées, hier, après la reconnaissance israélienne du génocide arménien, en dénonçant une «décision politique» visant selon lui à camoufler «les crimes» israéliens à Gaza. Une déclaration relayée par le quotidien turc officiel Daily Sabah.

Le président turc s’en prend par ailleurs régulièrement aux homosexuels, dont la marche des fiertés, hier, à Istanbul, a donné lieu à au moins 50 arrestations. Frankfurter Allgemeine Zeitung précise que les autorités locales avaient interdit la manifestation mais que quelques manifestants s’étaient rassemblés malgré tout. Le journal allemand rappelle que l’homosexualité n’est pas illégale en Turquie, mais qu’Erdoğan prend souvent pour cible les LGBTQ+, qu’il accuse notamment d’être responsables de la baisse de la natalité. A lire aussi sur le sujet des persécutions visant cette communauté, le grand reportage d’El Pais sur un refuge d’Abidjan, en Côte d’Ivoire, où de jeunes hommes, fuyant la répression homophobe dans leur pays, peuvent enfin aimer sans être jugés, comme Ichane et Abdou. Ce dernier s’est retrouvé au foyer Arc-en-Ciel après que sa tante l’eut mis à la porte en découvrant son homosexualité. Le lycéen a finalement trouvé ce lieu, où il dit rêver de devenir réalisateur ou journaliste pour raconter son histoire.

Un mot, pour terminer d’une première au Japon. Shoko Kawata est la maire de la ville de Yawata, une petite ville de 68000 habitants dans l’ouest du pays, où tous ses prédécesseurs étaient des hommes. Cette jeune maire de 35 ans s’apprête à devenir mère au mois de septembre, et pour bien accueillir son enfant, a décidé de prendre un congé maternité. Dans un pays très patriarcal, où la natalité est en berne et où 96 % des élus locaux sont des hommes, la décision de Shoko Yawata est tout simplement sans précédent et The New York Times raconte que certains – des hommes surtout – ont réagi «avec colère, la qualifiant d’irresponsable et l’accusant de privilégier sa vie personnelle à celle de ses électeurs». D’après le journal, le congé maternité de Shoko Yawata a surtout provoqué un débat national sur les obstacles auxquels les femmes actives restent largement confrontées. Un phénomène si répandu qu’il existe même un terme pour le désigner: «matahara», ou «harcèlement lié à la maternité».

 

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Source:

www.france24.com

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