Comme l’a dévoilé RMC Sport, Mattias Grafström a adressé ce mardi matin un long courrier électronique à l’ensemble des salariés de l’instance. Aux quatre coins du monde, des employés de plus en plus inquiets de la crise qui secoue la gouvernance de la Fifa ont découvert un message au ton particulièrement ferme. Un texte qui pourrait bien marquer un tournant dans la tempête traversée par Gianni Infantino… À moins que le président ne parvienne une nouvelle fois à s’accrocher à son fauteuil.
L’administration de la Fifa est-elle en train de reprendre le contrôle de l’institution? C’est la question qui domine à la lecture de ce courrier, dévoilé par RMC Sport. Mattias Grafström, secrétaire général depuis 2023 et numéro deux de la fédération, adopte un ton offensif. Surtout, il ne manifeste à aucun moment un soutien explicite à Gianni Infantino. Un silence qui interpelle, tant les deux hommes ont longtemps affiché une relation de confiance. Pourtant, selon plusieurs sources, cette proximité s’était progressivement érodée ces derniers mois. Les relations entre les deux dirigeants s’étaient refroidies, le dialogue était devenu plus compliqué et les désaccords plus nombreux.
La création de la société commerciale, lancée sans véritable concertation avec les principaux cadres de la Fifa, a constitué le point de rupture pour une partie de la haute administration. Pour plusieurs responsables, cette initiative a été la décision de trop. Beaucoup estiment désormais qu’un changement à la tête de la plus puissante fédération sportive mondiale est devenu nécessaire. Cette prise de parole interne vise également à rassurer des salariés profondément déstabilisés. Elle intervient quelques heures seulement après les témoignages recueillis par RMC Sport auprès de plusieurs employés, qui dénonçaient notamment les méthodes de gouvernance et l’épisode du lancement avorté de la société commerciale.
Au-delà de son contenu, ce courrier pourrait traduire une volonté de l’administration de reprendre la main sur le fonctionnement quotidien de la Fifa, mais aussi sur le récit de cette crise. Depuis plusieurs jours, les dirigeants de l’instance constatent surtout l’isolement croissant de Gianni Infantino. À ce stade, seules quelques fédérations, comme le Qatar, le Maroc ou le Liban, lui ont publiquement apporté un soutien appuyé, qu’il n’a pas manqué de partager sur ses réseaux sociaux. La crédibilité du président apparaît aujourd’hui fragilisée. En coulisses, Gianni Infantino suit avec attention chaque déclaration de soutien, espérant notamment une prise de position de la CONMEBOL, toujours silencieuse depuis le début de la crise.
L’UEFA pousse pour un candidat unique
Pendant que le président tente de préserver ses soutiens, ses opposants s’organisent. En marge de la Supercoupe d’Europe, l’UEFA doit multiplier les réunions afin de coordonner sa stratégie. Une idée fait son chemin parmi les dirigeants consultés: présenter un candidat unique, si possible issu d’une autre confédération que l’Europe. L’objectif est double: éviter de raviver les équilibres géopolitiques traditionnels et bâtir une candidature capable de fédérer bien au-delà des seules fédérations européennes et nord-américaines.
Dans cette optique, le nom de Victor Montagliani revient avec insistance. Vice-président de la FIFA et président de la CONCACAF, le Canadien présente un profil jugé capable de rassembler de nombreux soutiens. Il faut voir large et surtout essayer de convaincre des fédérations issues de l’Asie et de l’Océanie. Si l’UEFA et la CONCACAF votaient d’un seul bloc, elles disposeraient de 90 voix. Il en faut au moins 106 pour s’assurer une majorité lors d’une éventuelle élection présidentielle.
Avec ses 46 fédérations membres, la Confédération asiatique pourrait donc détenir les clés du scrutin. D’autant que le continent est loin d’afficher une position unifiée. Certaines fédérations continuent de soutenir Gianni Infantino, tandis que d’autres encouragent discrètement l’UEFA et la CONCACAF à faire émerger une candidature crédible capable de mettre fin au règne du président de la Fifa. L’Afrique apparaît aujourd’hui totalement derrière Gianni Infantino, c’est pour cette raison que les opposants au président de la Fifa ne perdent pas d’énergie en essayant de convaincre certains dirigeants africains.
Source:
rmcsport.bfmtv.com




