L’intelligence artificielle et la souveraineté numérique face aux géants technologiques américains et chinois seront au centre de la 10e édition du salon VivaTech. Le plus grand événement européen du secteur s’ouvre à Paris mercredi 17 juin 2026. Cette « exposition universelle de l’innovation » devrait accueillir jusqu’au 20 juin à la Porte de Versailles près de 15.000 start-up et 4.000 investisseurs du monde entier.
Rendez-vous avec Sciences et Avenir
Créé en 2016 par le groupe Les Echos – Le Parisien et Publicis, VivaTech a présenté quelques-unes de ses innovations – drones, robots et hélicoptères – dès dimanche dernier sur l’avenue des Champs-Élysées, rendue piétonne pour l’occasion. « La presse c’est devenu de la tech, a commenté sur Radio Classique Michèle Benbunan, DG du groupe Les Échos – Le Parisien. Nous travaillons avec des plateformes, avec de l’IA, avec toute l’innovation de la tech, donc c’est légitime pour un groupe de presse de se retrouver au coeur de tout ce qui va représenter l’innovation technologique des années à venir. Par ailleurs, rendre compte de tout ce qui se passe dans le monde de la tech est un devoir ».
La journée du 20 juin est celle consacrée au grand public : à cette occasion, Sciences et Avenir vous propose d’assister sur le stand Les Echos – Le Parisien entre 10h45 et 11h15 à la présentation « Deepfake : l’IA au service du faux ». Notre rédacteur en chef du numérique, Olivier Lascar, interrogera sur la scène de Vivatech la philosophe Elsa Novelli, chercheuse post-doctorante au Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques de l’Ecole Normale Supérieure. L’échange portera sur la révolution informationnelle déclenchée en novembre 2022 par le surgissement de ChatGPT. Cet outil d’IA générative, comme ceux qui ont suivi, a bouleversé notre rapport à l’information et à la vérité. Elsa Novelli évoquera la façon dont son utilisation, associée à la viralité des deepfakes, fragilise notre lien au réel, dans des actions parfois menées par des puissances étrangères aux intentions hostiles.
Face aux Etats-Unis et à la Chine, la France veut fédérer une « coalition de puissances non hégémoniques »
La souveraineté numérique sera d’ailleurs un thème central de cette nouvelle édition de Vivatech. L’Europe cherche à réduire ses dépendances technologiques aux entreprises étrangères, dans un contexte de concurrence accrue et de relations tendues avec les États-Unis.
L’Allemagne à l’honneurUne importante délégation allemande de près de 200 start-up dans des domaines allant de l’IA à la greentech (start-up spécialisées dans les questions environnementales) est attendue à Vivatech. Le ministre du Numérique allemand, Karsten Wildberger, sera présent, ainsi que des dirigeants de grands groupes industriels et technologiques comme Siemens et SAP.
Le président français Emmanuel Macron est attendu sur scène jeudi pour défendre la vision d’une France et d’une Europe en pointe sur les technologies de rupture comme l’IA et le quantique. Le Premier ministre indien Narendra Modi, présent en France pour le G7 qui a lieu à Évian de lundi à mercredi, doit aussi s’exprimer. Aux côtés de la France émerge ainsi une « coalition de puissances non hégémoniques », ou « non alignées », avec l’Inde, le Canada, le Japon, qui veulent peser face à la sphère d’influence américaine et chinoise dans l’IA, explique à l’AFP Sylvain Duranton, directeur monde de l’entité tech du cabinet de conseil BCG.
Danse, transport de charges lourdes, nettoyage, accueil hôtelier : les robots dopés à l’IA seront sous les feux des projecteurs avec de nombreuses démonstrations prévues tout au long de la semaine. Les humanoïdes des entreprises chinoises Unitree et Agibot promettent d’émerveiller les spectateurs avec des prouesses en matière de déplacements, tandis que les start-up européennes de robotique comme Genesis, Botiful ou encore Pal Robotics présenteront elles aussi leurs dernières nouveautés.
Jeff Bezos sera à Vivatech
« C’est une incarnation de l’IA de demain avec tous les fantasmes et les peurs associés », estime Thomas Husson, analyste du cabinet Forrester. Cette vague de l’IA physique, qui permet d’animer les robots, est due entre autres à la baisse du coût des automates, qui a chuté de 30 à 40% par rapport à l’an dernier, selon M. Duranton, et à une amélioration des modèles d’IA destinés à les entraîner.
Au-delà des démonstrations spectaculaires qui font la réputation de VivaTech, le salon mettra également en avant des applications concrètes de l’intelligence artificielle et de la robotique dans l’industrie. L’armateur français CMA CGM présentera ainsi un robot conçu pour optimiser certaines opérations logistiques. Côté intervenants, plusieurs figures majeures de la tech sont attendues, parmi lesquelles Yann LeCun, pionnier français de l’IA et fondateur de la start-up AMI, David Limp, directeur général de Blue Origin, ainsi que Peter Steinberger, créateur autrichien d’OpenClaw, une plateforme d’agents d’IA autonomes qui a connu un succès mondial rapide. Shantanu Narayen (Adobe), Christophe Fouquet (ASML) et Joe Tsai (Alibaba) figurent également parmi les personnalités annoncées.
L’un des temps forts du salon aura lieu mercredi 17 juin avec l’intervention de Jeff Bezos sur la scène du Theater. Le fondateur d’Amazon échangera avec David Limp lors d’une session consacrée notamment aux ambitions spatiales de Blue Origin, animée par l’ancien astronaute de la NASA Mike Massimino.
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