La Croix : Le voyage du pape en Espagne a été un succès populaire, particulièrement à Madrid. Comment expliquez-vous cet engouement ? S’inscrit-il dans une dynamique plus large en Espagne, où la religion catholique apparaît aujourd’hui comme moins polarisée ?
Fabrice Hadjadj : L’Espagne n’est pas l’Italie ni la France. En Italie, le catholicisme s’est dilué dans la culture, en France, il s’est plutôt figé dans les « valeurs ». Ce qui subsiste en Espagne, malgré un éloignement par rapport au clergé et à la pureté des mœurs, c’est la dévotion populaire. Je pense à ces processions, du Pays basque à l’Andalousie, à Noël, durant la Semaine sainte, dans le cadre de diverses ferias où la célébration du Saint-Sacrement est bientôt suivie par un feu d’artifice et une corrida.
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