Ces derniers temps, pas un mois ne passe sans qu’une alerte sur les dangers du cadmium ne soit publiée par des médecins ou des chercheurs.
Fin mars 2026, dans un rapport de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation), on pouvait lire que « près de la moitié de la population adulte française dépasse les valeurs toxicologiques de référence… soit des niveaux trois à quatre fois supérieurs à ceux d’autres pays comme la Belgique, l’Angleterre ou l’Italie… Et 36 % des enfants de moins de trois ans sont dorénavant touchés ».
Un dépistage uniquement pour les personnes « surexposées » au cadmium
Quelques jours après la publication de ce document, le gouvernement a annoncé que le dépistage de ce métal lourd cancérogène sera bientôt remboursé.
« La mise en œuvre est attendue cet été », a-t-il indiqué à nos confrères du Monde. Les médecins de ville pourront donc prescrire cette analyse (dosage sanguin ou urinaire). Le prix du dépistage a été fixé à 27,50 euros ; 60 % de ce montant sera remboursé par l’Assurance Maladie et le reste sera pris en charge par les complémentaires santé.
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Un nouveau rapport officiel de l’Anses vient confirmer les alertes sur le cadmium, que des médecins libéraux ont qualifié, en mai 2025, de « véritable fléau de santé publique ». On découvre que ce métal est malheureusement beaucoup trop présent dans l’alimentation des Français (nettement plus que chez leurs voisins), alors que, jusque-là, d’autres contaminants (comme le plomb, le mercure, l’arsenic ou les pesticides) avaient largement monopolisé notre attention. Tentons de faire un point objectif sur ce sujet qui, comme souvent en matière d’alimentation, suscite de très nombreuses réactions…… Lire la suite
Problème, cette annonce ne satisfait qu’à moitié car le remboursement ne concernera que « les personnes potentiellement surexposées au cadmium du fait de leur lieu de résidence », selon le document signé par l’Assurance Maladie et les syndicats de biologie médicale.
Ce remboursement limité s’adressera aux personnes dont le travail les oblige à être au contact du cadmium et à celles qui habitent sur ou à proximité d’un ancien site industriel considéré comme pollué par cette substance.

Les céréales chocolatées font partie des aliments les plus contaminés par le cadmium. © topntp, Adobe Stock
On fait quoi une fois les résultats d’analyse obtenus ?
Alors que les chiffres montrent qu’une large partie de la population française est contaminée par ce métal lourd, et à des niveaux bien supérieurs aux valeurs de référence, on choisit, étonnamment, de restreindre son dépistage. « C’est comme si le gouvernement avait peur d’un raz de marée de résultats alarmants », a commenté le Dr Pascal Meyvaert, médecin généraliste spécialiste de la santé environnementale interrogé par le média Huffpost.
Pour beaucoup, cette annonce vise davantage à calmer de façon temporaire les inquiétudes des Français qu’à prendre le sujet du cadmium à bras le corps avec des mesures efficaces.

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Le remboursement du dépistage du cadmium soulève aussi une question : quelle sera la démarche à suivre par les médecins et les patients une fois les résultats des analyses obtenus ? Un aspect sur lequel s’interroge le Dr Meyvaert dans un entretien accordé à Que Choisir : « Même si les analyses retrouvent du cadmium, il n’y a pas de protocole précis à suivre. Tous les organes sont concernés et, au final, les conseils à suivre sont les mêmes que ceux donnés au reste de la population : éviter les aliments les plus contaminés. »
En effet, aujourd’hui, le seul moyen de limiter notre exposition au cadmium est de faire attention à ce que nous mangeons (et à ce que mangent nos enfants !) en diminuant notre consommation de biscuits et céréales du petit déjeuner (surtout les chocolatés), en augmentant notre consommation d’aliments bio (sauf pour le chocolat) et en diversifiant davantage notre alimentation.
La vraie urgence est la contamination des sols
Mais pour protéger les Français des méfaits du cadmium sur la santé, le gouvernement doit s’attaquer à l’origine du problème : la contamination des sols. « Il semble urgent de commencer par appliquer les normes européennes de taux maximum dans les engrais, que la France a ignorées jusqu’à présent, notamment en diversifiant nos sources d’approvisionnement en engrais, en recyclant mieux le phosphore existant, en « décadmiant » les engrais (un procédé malheureusement coûteux), et en diminuant nos apports en engrais azotés », suggère Bruno Parmentier, conférencier et consultant, spécialisé dans les questions agricoles et alimentaires.

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En France, les engrais utilisés contiennent 90 mg/kg de cadmium, contre 60 mg/kg dans le reste de l’Union européenne. Or, l’Anses recommande de ne pas dépasser les 20 mg/kg.
Quels sont les risques du cadmium sur la santé ?
Pour rappel, une fois absorbé, le cadmium peut s’accumuler dans le foie et les reins avec de multiples effets irréversibles : ostéoporose, calculs rénaux, douleurs osseuses, emphysème, hypertension, athérosclérose, risques d’infarctus, infertilité, sensibilité accrue aux infections, troubles neurodégénératifs… Il est aussi classé comme cancérogène avéré (poumon, prostate, rein, sein, et suspicion pour le pancréas).
Source:
www.futura-sciences.com



