Dans la nouvelle salle du Synode, Léon XIV a prononcé son discours de clôture, axé sur l’espérance, la synodalité et la responsabilité de l’Église dans un monde marqué par la guerre et une crise des relations humaines. À l’entame de son intervention, le Souverain pontife a exprimé sa solidarité, ainsi que celle de l’ensemble du Collège des cardinaux, envers le peuple vénézuélien «affecté par le violent séisme de ces derniers jours».
Sebastián Sansón Ferrari – Cité du Vatican
Avant de présenter une réflexion finale sur le consistoire extraordinaire qui s’est tenu les 26 et 27 juin 2026 au Vatican, le Pape Léon XIV a exprimé sa solidarité, ainsi que celle de l’ensemble du Collège des cardinaux, envers le peuple vénézuélien, «durement touché par le violent séisme de ces derniers jours». «Nous assurons de nos prières les victimes, leurs familles et tous ceux qui subissent les conséquences de cette tragédie. Nous confions également au Seigneur tous ceux qui participent aux opérations de secours, et nous prions pour que la solidarité de la communauté internationale envers cette nation bien-aimée ne faiblisse pas», a ajouté le Pape.
Des cardinaux issus d’Églises, de cultures et de contextes si divers
Depuis la nouvelle salle du Synode, le samedi 27, le Souverain pontife a prononcé un discours de grande envergure dans lequel il a remercié les cardinaux pour «la liberté, la fraternité et l’esprit ecclésial avec lesquels vous avez pris part à nos travaux. Je garde en mémoire non seulement le contenu de vos réflexions, mais aussi l’expérience qui les a rendues possibles.»
«Nous avons cherché ensemble la volonté du Seigneur, convaincus que le Christ continue d’agir dans son Église: c’est Lui qui nous précède, qui nous rassemble, qui parle à travers nos frères et qui nous guide dans notre mission. Tout vient de Lui et tout retourne à Lui», a-t-il poursuivi. C’est pourquoi, a-t-il déclaré, «voir des cardinaux issus d’Églises, de cultures et de contextes si divers s’écouter les uns les autres et chercher ensemble ce qui sert le mieux l’Évangile a été pour moi une source de consolation et d’espérance».
La synodalité
Au cœur de sa réflexion, le Pape a insisté sur le fait que la synodalité ne doit pas être comprise comme une méthode organisationnelle ou une succession de réunions, mais comme une manière d’être Église. «La véritable question de la synodalité n’est pas de savoir qui a le pouvoir de décider, mais: “Comment, ensemble, préservons-nous le don que le Seigneur a confié à son Église?”», a-t-il déclaré. Selon Léon XIV, ce cheminement naît de la rencontre, grandit à travers l’écoute mutuelle et mûrit par le discernement guidé par le Saint-Esprit. Il a donc demandé aux cardinaux de promouvoir la mise en œuvre du processus synodal dans leurs Églises particulières, en favorisant une compréhension authentique de celui-ci.
Les blessures du monde
Le Successeur de Pierre a également souligné que, lors du consistoire, les cardinaux avaient fait part de leur inquiétude face aux guerres, à la pauvreté, aux injustices et à la violence qui touchent de nombreux peuples à travers le monde. Il a toutefois ajouté que derrière ces tragédies se cache une crise encore plus profonde: «La solitude, la crise des relations, la perte d’espérance et la difficulté à se reconnaître mutuellement comme frères et sœurs».
Le Pape a particulièrement mis en avant la situation des jeunes, dont la quête de sens et d’authenticité — et, dans certains cas, la souffrance qui les conduit même à mettre fin à leurs jours — représente «l’une des blessures les plus profondes de notre temps». Il a également souligné l’importance de la famille en tant qu’école des relations, de la solidarité et de l’espérance. Dans ce contexte, il a annoncé une rencontre en octobre avec les responsables des Églises orientales et les présidents des conférences épiscopales afin d’évaluer l’accueil réservé à Amoris Laetitia, à laquelle participeront également des familles.
Une culture du dialogue contre la logique de la guerre
Un passage de son allocution était consacré à la paix. Le Pape Léon XIV y affirmait que les cardinaux avaient clairement saisi l’un des enseignements de l’encyclique Magnifica humanitas: la guerre ne naît pas seulement des conflits entre États, mais d’une «culture du pouvoir» qui imprègne les relations humaines, l’économie, la politique, la technologie et même la religion.
En réponse, il a proposé de reconstruire une culture de coopération et de dialogue, de renforcer le multilatéralisme et de promouvoir la participation des laïcs à la vie publique, en s’inspirant de la doctrine sociale de l’Église. Le Saint-Père a également défendu la réponse non violente comme un choix profondément évangélique, précisant qu’elle ne signifie pas la passivité, mais plutôt affronter les conflits sans reproduire la logique de la haine. Dans ce contexte, il a révélé que plusieurs groupes de travail avaient demandé une réflexion théologique et pastorale plus approfondie sur la légitime défense, à la lumière des changements qui affectent les conflits contemporains.
Une Église qui témoigne avant d’organiser
Le Pape a insisté sur le fait que le renouveau de l’Église ne dépend pas seulement de réformes structurelles, mais avant tout du témoignage de communautés capables de vivre l’Évangile de manière crédible. Il a également réaffirmé son intention de poursuivre cette rencontre annuelle à partir de l’année prochaine, précisant que la date n’avait pas encore été fixée, mais qu’il espérait l’annoncer d’ici la fin de l’année.
Un dernier appel à la paix
À la fin de son discours, Léon XIV a fait sien l’appel unanime issu du consistoire et a invité les cardinaux à le transmettre à toutes les Églises et à tous les peuples du monde. «Dieu continue d’ouvrir des chemins de réconciliation et de paix dans l’histoire. Nous avons la responsabilité de les parcourir avec courage et d’aider le monde à les reconnaître», a-t-il déclaré. Le Souverain pontife a également remercié chacun pour sa contribution, «ainsi que les rapporteurs, les modérateurs et tous ceux qui, avec générosité et discrétion, ont rendu possibles ces journées de travail et de fraternité».
Source:
www.vaticannews.va



