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Ultimatum anti-immigrés en Afrique du Sud: "Une nation sur le fil du rasoir"

A la Une de la presse, ce mardi 30 juin, l’expiration, aujourd’hui, en Afrique du Sud, de l’ultimatum exigeant le départ des migrants sans-papiers. Les réactions à la décision de la Cour suprême américaine de mettre fin à l’indépendance des agences fédérales, sauf à celle de la Fed. Le combat d’une enseignante mexicaine pour tenter d’arracher ses élèves au fléau du narcotrafic. Et le retour en pleine lumière du capitaine des Bleus Kylian Mbappé.

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A la Une de la presse, l’expiration, aujourd’hui, en Afrique du Sud, de l’ultimatum exigeant le départ des migrants sans-papiers. Une initiative interdite par le gouvernement.

«Une nation sur le fil du rasoir»: Sowetan fait état des pertes économiques liées aux annulations touristiques et à la fuite de migrants dans un contexte d’«incertitude», malgré la volonté des autorités d’assurer une sécurité maximum. Sowetan, qui s’interroge: «Qui profite de la désunion sud-africaine». Le journal fondé par l’ANC de Nelson Mandela, du temps de l’apartheid regrette que 32 ans après l’avènement de la démocratie, la stratégie du «diviser pour mieux régner» soit de retour en Afrique du Sud. The Citizen évoque les émeutes de juillet 2021 qui avaient fait plus de 350 morts, quand des affrontements avaient enflammé le pays après l’arrestation de Jacob Zuma, l’ancien président accusé de corruption, exclu par l’ANC et dont le nouveau parti est soupçonné d’alimenter les troubles actuels. D’après le journal, «l’histoire ne va peut-être pas se répéter» mais «le gouvernement et plus particulièrement l’ANC devrait s’inquiéter de ce que symbolise» le mouvement anti-immigrés «March and March». « La preuve, selon le journal, que «le pouvoir du peuple»  permet d’obtenir des résultats que des dizaines de politiciens bavards n’auraient jamais pu atteindre».

Des milliers migrants, venus de tout le continent, vivent désormais dans l’angoisse. Libération rappelle que l’Afrique du sud, parmi les plus inégalitaires au monde, en proie à la violence et au chômage de masse, a connu «plusieurs poussées de fièvre xénophobes» depuis la fin de l’apartheid et cite notamment les campagnes anti-immigration actuelles dans les hôpitaux publics, «accusés de consacrer trop de ressources aux étrangers», «les refus de prise en charge et les intimidations», malgré le fait que la constitution sud-africaine «garantit l’accès aux soins d’urgence». Une réalité dont témoigne Bona enceinte de huit mois et venue de RDC: «On a refusé de me soigner car je n’avais pas d’argent. Ce jour-là, l’infirmière m’a dit : “Si tu meurs, ce n’est pas mon problème.”». Le Monde évoque une mobilisation anti-immigrés «qui tranche avec l’idéal de l’«ubuntu», la philosophie humaniste de l’après-apartheid», «popularisée par les pères de la «nation arc-en-ciel», dont Nelson Mandela» – des valeurs à l’origine de plusieurs décisions très symboliques, comme «la mise en place de la commission vérité et réconciliation, la rédaction d’une Constitution très progressiste et la politique d’accueil des réfugiés».

A la Une, également, les réactions à la décision de la Cour suprême américaine de mettre fin à l’indépendance des agences fédérales, sauf à celle de la Fed, la réserve fédérale. Cette décision, en rupture avec une jurisprudence datant de 1935, est qualifiée de «partagée» par The Wall Street Journal, qui estime que les juges rétablissent «la séparation des pouvoirs prévue par la Constitution, et mise à mal par le «gouvernement des experts»». Le fait que Donald Trump puisse désormais révoquer les patrons des agences fédérales  selon son «bon vouloir» et plus seulement pour «incompétence» avérée est en revanche vivement critiqué par The New York Times, qui juge, lui, que cette décision le «conforte» dans sa vision de la Constitution qui lui donne «le droit de faire tout ce (qu’il veut) en tant que président», selon ses propres termes. Le journal dénonce «l’hypocrisie» de la Cour suprême, qui prouve qu’elle «accorde plus d’importance au bon fonctionnement de la Fed qu’à celui de toute autre agence fédérale».

A lire aussi dans The New York Times, un grand reportage, bouleversant, sur le combat d’une enseignante mexicaine pour tenter d’arracher ses élèves au fléau du narcotrafic. Alors que le Mexique accueille une partie des matchs de la Coupe du monde, le quotidien raconte l’histoire de Sugey Milagros Salinas Grimaldi et de ses joueurs, les Ravens, «les corbeaux», un petit club de Celaya, dans l’Etat de Guanajuato, au centre du Mexique – l’un des plus violents du pays, théâtre d’une rivalité sanglante entre deux cartels. Cette enseignante raconte avoir eu l’idée de monter son club en 2021 après que l’un de ses élèves, un garçon de 12 ans a été tué par balles. Toxicomane, Pedro, son élève n’avait pas réussi à payer son dealer. Pendant des semaines, Sugey Salinas dit avoir été «tourmentée par la question de savoir comment elle aurait pu l’aider». Selon elle, c’est à ce moment-là qu’est venue l’idée de monter une équipe de foot, afin de donner à ses élèves un but, un objectif. Pour intégrer le club, les garçons doivent être assidus en cours et avoir un comportement exemplaire sur et en dehors du terrain. Mais la violence des trafiquants est partout, de la chambre des joueurs, comme celle de Manuel qui ressemble à un temple de la narcoculture avec ses affiches d’Al Pacino dans Scarface, et de deux célèbres narcotrafiquants, Pablo Escobar et El Chapo Guzman, ses gilets pare-balles et ses casques en Kevlar, jusque dans les stades, comme en janvier dernier, lorsque des hommes armés ont fait irruption à la fin d’une rencontre à quelques kilomètres de Celaya, tuant 11 personnes. Une violence telle qu’il semble parfois impossible d’y échapper. Manuel, 13 ans, dont le frère a été tué par un cartel, dont le père s’est pendu et dont la mère travaille de longues heures sans réussir à joindre les deux bouts, a dû refuser des propositions de rejoindre des équipes plus professionnelles, faute de moyens pour prendre le bus et acheter un équipement.

Manuel et ses coéquipiers, qui rêvent sans doute, comme des millions d’enfants à-travers le monde, d’un destin à la Kylian Mbappé. Le capitaine des Bleus sera en première ligne, ce soir, pour le match face à la Suède. Un retour en pleine lumière après un passage à vide footballistique et médiatique. Libération salue «le parcours sans faute» depuis le début de ce Mondial du «capitaine ad hoc». Le Parisien/Aujourd’hui en France se réjouit lui aussi de voir Kylian Mbappé «balayer les doutes et les critiques», «autant par ses performances que par son attitude». Kylian Mbappé au centre du jeu, mais pas tout seul: L’Equipe espère voir déferler la «force bleue» face aux Bleus et jaunes suédois. Force aux Bleus!

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Source:

www.france24.com

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