Dans cette même revue de presse avant-hier, nous évoquions les frappes de drones ukrainiens en territoire russe ainsi qu’en Crimée occupée. Un pilonnage constant pour semer le doute dans l’esprit des Russes. La réplique de Moscou ne s’est pas fait attendre et s’est même intensifiée, et les Ukrainiens n’ont rien pu faire.
C’est ce que constate notamment Le Monde à Paris : « dans la nuit de mardi à mercredi, la défense anti-aérienne ukrainienne n’est parvenue à abattre aucun des 28 missiles russes tirés sur Kiev et sa région. Pour cette attaque concentrée sur la capitale, l’armée russe a sélectionné les missiles les plus difficiles et les plus coûteux à intercepter de son arsenal. En l’occurrence 24 missiles balistiques (principalement des Iskander-M) et quatre missiles hypersoniques de croisière Tsirkon. L’armée russe a également tiré 115 drones d’attaques à long rayon d’action ».
Principales cibles : des entrepôts, des gares, des centres de tri, des centres de distribution. Bilan : 17 morts et au moins 44 blessés. « De telles frappes contre les infrastructures et les entreprises civiles ukrainiennes ne sont pas nouvelles depuis le début de l’invasion du pays, en février 2022, relève Le Monde, mais leur intensité coïncide avec les récentes attaques ukrainiennes contre les raffineries de pétrole en Russie et les entrepôts de Wildberries, le géant russe du commerce en ligne ».
Des stocks mondiaux au plus bas…
Face à ces attaques, l’Ukraine est donc démunie. « L’Ukraine n’a pas et n’aura pas assez de missiles antibalistiques », pointe Libération. « Le seul moyen de stopper les engins russes, explique le journal, est d’envoyer un missile de défense aérienne, comme on arrêterait une balle de revolver en la frappant avec une autre », en l’occurrence, des missiles américains Patriot ou des SAMP/T franco-italiens.
Seulement voilà, « les stocks mondiaux de missiles antibalistiques sont au plus bas, constate Libération. En premier lieu ceux des Patriot, siphonnés par la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février. Selon les analystes américains, le Pentagone aurait tiré plus de 1200 missiles antibalistiques Patriot depuis le début de l’année, et en aurait moins d’un millier en stock. Or, seuls 20 seraient livrés par le constructeur chaque mois, un chiffre ridicule au regard de la cadence russe, sachant qu’il faut en général tirer deux intercepteurs pour chaque interception, et que le coût de chacun d’eux est estimé à 3 millions et demi d’euros ».
Les atermoiements de Trump…
Qui plus est, comme à son habitude, Donald Trump dit tout et son contraire. Lors du sommet de l’Otan, en juillet, à Ankara, rapporte le Wall Street Journal, le président américain « avait évoqué la possibilité d’autoriser l’Ukraine à construire ses propres missile Patriot sous licence. Mais Donald Trump a ensuite laissé entendre qu’il pourrait finalement ne pas accorder de licence à l’Ukraine ».
Pourtant, s’insurge le Wall Street Journal, « la survie de l’Ukraine est dans l’intérêt de l’Amérique. Il y va de la stabilité et de la liberté sur le continent européen. Certes, Donald Trump est focalisé ailleurs (sur l’Iran), mais la guerre menée par la Russie se poursuit et il devra assumer la responsabilité des événements survenus durant son mandat ».
Pas avant un an, au mieux…
En tout cas, même en cas de feu vert de Donald Trump, souligne La Croix à Paris, « il faudrait plusieurs mois avant que l’Ukraine soit en mesure de mettre en place une ligne de production de missiles Patriot. Kiev assure pouvoir le faire en dix à douze mois. L’Ukraine se dit prête à étudier toutes les options : soit produire elle-même les composants, soit se limiter à l’assemblage final des missiles. Mais, relève encore La Croix, même si elle obtient cette licence, cela ne devrait pas lui permettre de se protéger durant l’hiver prochain, qui risque donc d’être très difficile pour les Ukrainiens. Pour tenter de se défendre contre les missiles russes, l’Ukraine a proposé à ses partenaires de leur emprunter les Patriots qu’ils ont en réserve. L’Ukraine envisage de les rendre lorsqu’elle disposera de sa propre production. À ce jour, aucune information n’a filtré sur ces discussions, toujours en cours ».
Source:
www.rfi.fr




