Paul Mirabel dévoile une nouvelle facette de son univers avec la série intitulée « Paul ». Coécrite avec Mourad Boudaoud, Johan Gromb et Nathanaël Monier, la fiction se déploie sur six épisodes et reprend, sous une forme romancée, des épisodes de vie réelle qui ont nourri le personnage dit du « faux flegmatique ». L’approche choisie n’évite pas l’autodérision : le protagoniste n’y est pas érigé en héros flatteur, mais plutôt en figure imparfaite et questionnante.
Le projet illustre une pratique désormais fréquente chez les humoristes : transposer sur petit écran une écriture de scène pour explorer d’autres registres narratifs. Cette transposition mobilise des méthodes propres à la fiction télévisée — trajectoires de personnage, arcs dramatiques, dialogues travaillés — tout en conservant une part d’écriture tirée du stand-up. Pour le public, la série propose ainsi un mélange de sincérité anecdotique et de construction dramatique, offrant un point d’entrée différent pour qui connaît déjà l’œuvre scénique de l’artiste.
La collaboration entre les quatre auteurs constitue un élément central du dispositif. Sans détailler la répartition précise des tâches, le fait que la série soit coécrite par Mourad Boudaoud, Johan Gromb et Nathanaël Monier témoigne d’un travail collectif visant à adapter des souvenirs personnels en séquences télévisuelles structurées. Le ton revendiqué, marqué par l’autodérision, laisse la place à des scènes qui puisent leur force dans des situations quotidiennes réelles, retravaillées pour le rythme et l’efficacité comique de la fiction.
Au-delà de la simple captation du personnage de scène, « Paul » inscrit le parcours de Paul Mirabel dans une dynamique plus large de création audiovisuelle portée par des humoristes. En articulant récits personnels et formes scénaristiques, la série contribue à renouveler les possibilités offertes aux artistes du humour pour franchir les frontières entre scène et écran, sans pour autant renoncer à la spécificité de leurs matériaux biographiques.






