La présidente de l’Assemblée nationale s’inscrit en rupture avec le discours du ministre de la Justice. Invitée d’Ici Hérault ce vendredi, Yaël Braun-Pivet a dit être « totalement en désaccord », avec Gérald Darmanin qui affirme depuis le début de l’affaire Lyhanna, que la justice ne souffre pas d’un problème de loi ni de moyens. « Il y a un problème de loi, il faut aller plus loin (…) et deuxièmement il faut mettre plus de moyens », a avancé l’ancienne avocate.
« Dans le cas précis du drame de la petite Lyhanna, nous n’avions pas besoin de nouvelles lois, nous n’avions pas besoin de davantage de moyens », a déclaré mardi Gérald Darmanin, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée.
« On a mis des moyens, il ne faut pas dire qu’on n’a rien fait », a nuancé Yaël Braun-Pivet, vendredi au micro de la radio locale. « Le budget de la justice a augmenté ces dix (dernières) années de plus de 50 %. On a 1 500 magistrats qui sont en train d’être formés pour renforcer nos tribunaux. Mais ça ne suffit pas », a-t-elle poursuivi. La présidente de la chambre basse estime qu’« on a depuis des années sous-investi » dans les forces de l’ordre et dans la justice alors qu’on fait face à « une explosion du nombre de plaintes ».
Une loi demandée par la présidente de l’Assemblée
La députée Ensemble pour la République s’inscrit également à rebours du discours d’Emmanuel Macron. Au début de cette affaire, le président de la République avait pointé un « dysfonctionnement » « inacceptable », affirmant ne vouloir « entendre aucun argument de moyens dans cette affaire ».
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Ces deux dernières semaines, la disparition de Lyhanna, dont le corps a été retrouvé le 4 juin dans un silo agricole du Gers, a mis en lumière des dysfonctionnements dans le traitement du dossier du principal suspect. Avant l’enlèvement de la fillette de 11 ans, Jérôme Barella avait fait l’objet d’un signalement en 2017, classé sans suite, puis de plusieurs plaintes pour « viol sur mineur », dont la dernière remonte à août 2025.
Face à la polémique Yaël Braun-Pivet avait demandé en début de semaine l’inscription à l’agenda parlementaire d’une « loi intégrale » transpartisane sur les violences sexistes et sexuelles. Selon elle, ce texte « porte des réponses qui touchent l’ensemble des domaines : la justice, la sécurité, le foyer (…) les associations, les activités sportives, l’éducation », car le combat doit être porté « sur tous les fronts ».
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