Aujourd’hui, on essaye de réconcilier l’histoire et l’avenir. L’histoire, ce sont tous les attributs de Versailles : l’élégance, le raffinement, l’histoire de la France, le savoir-faire, le prestige. L’avenir, c’est la cible du club : les moins de 25 ans. On fait tout pour eux. Comme Apple avec l’iPod : ce ne sont pas forcément les jeunes qui achètent, mais c’est à eux qu’on veut adresser, et toucher tout le monde à travers eux.
Est-ce que vous ne craignez pas que toute cette communication, cette série sur Canal, passe pour un manque d’humilité, qui est une valeur que vous mettez beaucoup en avant ?Il ne faut pas confondre humilité et discrétion. L’humilité, c’est la remise en question, c’est écouter les autres, c’est pas ne pas parler. Moi, je suis profondément humble. Est-ce que l’image que je véhicule l’est ? J’en sais rien, peut-être pas. Mais ça n’a rien à voir. Si beaucoup de gens pas humbles communiquent, ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas être humble en communiquant.
© FC Versailles
Dans la série, on vous entend souvent parler de “prouver”, de “revanche”. Vous n’avez pas peur que les enjeux du club soient trop liés à vos enjeux personnels ?La culture d’une entreprise, c’est principalement celle de ses fondateurs. Ça transpire partout. Mais on a recruté des mecs qui ont le même profil. Tout le monde dans l’équipe a ce truc-là, un parcours contrarié. On est tous des outsiders avec une revanche à prendre. Notre raison d’être, c’est déjouer les pronostics, défier l’impossible. Et je pense que c’est plutôt une force qu’un risque.
Vous ne venez pas de l’univers du football, qu’est-ce qui vous a le plus décontenancé en arrivant dans ce monde ?L’intensité de ce qui se passe côté sportif. Le métier d’entraîneur, je vois pas aucun équivalent dans une entreprise classique. Le boulot que fait notre entraîneur, Jordan Gonzalez, est complètement dingue. Avant le match, il arrive au stade pour la collation, fait la causerie, doit motiver ses joueurs de manière différente, créative et percutante chaque semaine. Pendant le match il analyse, manage, prend des décisions en temps réel. À la mi-temps, il a 15 minutes pour donner le bon message. Après le match : interview, conférence de presse. Il rentre chez lui à 2h du matin, regarde le match une ou deux fois. Le weekend, il regarde les matchs adverses. Et puis le lundi à 7h30, tout recommence : réunion d’équipe, entraînement quotidien… Moi, ça m’a vraiment choqué.
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