Michelin a annoncé la fermeture progressive d’ici 2028 d’une usine de l’Alabama, aux États-Unis, qui emploie 1 200 personnes. Une nouvelle qui intervient après l’annonce de résultats moroses, en février, et d’un plan de départs volontaires, en France, le mois dernier.
Le fabricant français de pneumatiques Michelin a annoncé ce jeudi 25 juin la fermeture d’ici 2028 de son usine BFGoodrich de Tuscaloosa (Alabama), aux Etats-Unis, qui emploie environ 1.200 personnes mais qui tourne en sous-régime.
L’opération se traduira par une provision d’environ 220 millions d’euros pour charges , c’est à dire de la dette, qui sera inscrite dans les résultats financiers consolidés de l’entreprise pour l’année 2026. Cette provision est due aux coûts de fermeture de l’usine, y compris d’éventuelles charges liées au départ de salariés.
« Michelin s’engage à un accompagnement individualisé » des salariés, « les conditions seront négociées avec les syndicats », a indiqué le groupe à l’AFP.
L’usine ne tournait pas à plein régime
Selon l’équipementier, les deux usines américaines de BFGoodrich, marque rachetée dans les années 1990 par Michelin, fonctionnent actuellement « bien en deçà de leurs capacités ». Cette sous-utilisation engendre « des inefficacités structurelles non soutenables à long terme », a justifié le groupe français.
La production de cette usine sera presque intégralement transférée vers l’autre usine américaine du groupe, située à Fort Wayne dans l’Indiana, a précisé Michelin dans un communiqué. Cela devrait permettre de « créer une structure industrielle plus efficiente », selon le groupe.
La réduction de l’activité à Tuscaloosa sera réalisée « par phases » à partir de 2027, pour s’achever définitivement à la fin de l’année 2028, prévoit Michelin.
Un groupe en difficulté
L’annonce est étonnante au vue de la hausse des droits de douane aux États-Unis, qui laissait présager un développement de son activité réalisée outre-atlantique, où elle réalise déjà plus d’un tiers de son chiffre d’affaires.
Mais le leader mondial des pneus a vu son bénéfice net reculer de 12% à 1,7 milliard d’euros en 2025, pénalisé par la baisse de ses volumes de vente et le niveau plus élevé de l’euro. Son chiffre d’affaires annuel s’est également inscrit en baisse, de 4,4%, par rapport à 2024, pour s’établir à 26 milliards d’euros, en raison d’un marché du pneu pour véhicules neufs en repli dans tous les secteurs.
En mai 2026, Michelin avait annoncé un dispositif de départs volontaires en France portant sur « jusqu’à 1.500 postes sur trois ans ». Et le groupe avait déjà supprimé 1.246 emplois sur le territoire en 2024 dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, en fermant deux sites industriels dans l’ouest du pays, à Cholet (Maine-et-Loire) et Vannes (Morbihan).
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