PolitiqueHistoire politiqueAvoir raison avec... Mary Shelley 2/5 : L’âme romantique

Avoir raison avec… Mary Shelley 2/5 : L’âme romantique

Alors qu’elle grandit dans un milieu érudit et avant-gardiste, Mary Wollstonecraft Godwin fait une rencontre qui va bouleverser sa vie. Sur la sépulture de sa mère, elle tombe amoureuse d’un homme marié… un certain Percy Bysshe Shelley. Elle a seize ans, lui en a 21. Il est aristocrate, athée et romantique.

Une rencontre qui bouleverse Mary Shelley

Cette rencontre va tout changer. Percy introduit Mary dans un cercle nouveau, celui des romantiques de la deuxième génération – Byron en tête – qui font de leur existence même une œuvre d’art. De jeunes gens qui ont grandi dans l’ombre de la Révolution française et de ses désillusions, et qui cherchent ailleurs – dans la nature, les sentiments, la transgression – une forme d’absolu. C’est dans ce contexte qu’ils prennent la décision de fuir ensemble en Suisse, mais à peine arrivés, ils doivent faire demi-tour faute de moyens financiers. Ils en tireront néanmoins un récit de voyage : Histoire d’un voyage de six semaines et débute alors la grande période de romantisme de Mary Shelley.

L’influence romantique

À cette époque, les progressistes, désillusionnés, considèrent la Révolution française comme un échec : la Terreur et l’avènement de Napoléon en 1799, qui perpétue une forme de royauté, ont trahi leurs idéaux. Pourtant, ces jeunes désenchantés gardent l’espoir. À leur échelle, ils engagent une révolution des mœurs, notamment dans le domaine de l’amour. Le romantisme, en effet, place les sentiments au cœur de sa démarche. Dans Frankenstein ou Mathilda (publié en 1959, longtemps après sa mort), l’influence du roman sentimental est palpable.

La Suisse, souvent évoquée, occupe également une place centrale dans l’œuvre de Mary : les Shelley s’y sont rendus à plusieurs reprises, et elle sert de cadre à une grande partie de Frankenstein. La nature majestueuse, sublimée, y devient un topos de la littérature romantique, symbole d’émerveillement et d’émotion pure. Vers la fin de sa vie, Mary Shelley semble s’éloigner de son passé romantique, qu’elle évoque avec nostalgie dans son journal : “moi qui me figure souvent être l’ultime vestige d’une race bénie, dont étaient issus tous mes compagnons disparus avant moi.”

L’Angleterre chimérique selon Conan Doyle et Mary Shelley, avec Alain Morvan et François Rivière

Mauvais genres

Extraits sonores de l’émission :• Film Frankenstein Junior, de Mel Brooks, 1974.• Pièce de théâtre Les Cenci, de Percy Shelley, RTF, 1952.• Histoire d’un voyage de six semaines, de Mary Shelley et Percy Bysshe Shelley, lu par par la comédienne Fanny Prost-Boucle, Publication de l’Université Provence, 2015.• Que les étoiles contemplent mes larmes – Journal d’affliction, de Mary Shelley, lu par par la comédienne Fanny Prost-Boucle, Editions Finitude, 2017.


Source:

www.radiofrance.fr

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