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Backrooms : les influences de Kane Parsons pour son film d'horreur très attendu

“Cette période est très étrange”, me confie Kane Parsons, réalisateur de Backrooms, sur Zoom depuis sa chambre de Vancouver. “C’est très étrange et très nouveau.” Il y a encore quatre ans, Kane Parsons était un adolescent apprenti YouTubeur qui créait des vidéos autour de “the backrooms”, un mème 4chan (né d’une simple photo d’une mystérieuse pièce aux murs jaunes) ayant engendré sa propre mythologie virtuelle ouvrant sur un univers parallèle hanté. Aujourd’hui, à moins de 21 ans, ce jeune animateur et compositeur est le plus jeune réalisateur ayant collaboré avec la très hype société de production A24.

Backrooms, en salle le 17 juin, revisite ce fameux mème. Le film, qui transpose sur grand écran toute la culture Internet du 21e siècle, met en scène Chiwetel Ejiofor et Renate Reinsve, perdus dans un monde liminal. Il est à la Gen Z ce que Spring Breakers était pour l’esthétique Tumblr de l’époque. Aux États-Unis, le film a été d’emblée un carton, au point de réussir à dépasser le dernier Star Wars, The Mandalorian and Grogu. Bel exploit.

L’œuvre de Kane Parsons, de sa vidéo originelle intitulée Backrooms (qui compte aujourd’hui 78 millions de vues) à son long-métrage, consiste à explorer sa fascination pour l’inconnu. Si le film fait appel aux dimensions surnaturelles du concept, comme l’organisation de recherche fictive ASYNC, le réalisateur s’est tenu à bonne distance des éléments de science-fiction pure, préférant se concentrer sur des espaces inquiétants qui donnent le sentiment aux personnages d’être “hors circuit” : “Qui fout une porte à tel ou tel endroit ? Pourquoi y a-t-il des escaliers ici ou là ? Les marches sont toujours trop étroites, on ne comprend pas à quoi ils peuvent servir. C’est ce genre de choses qui m’intéresse. On a l’impression que ces lieux sont faits par l’homme, qu’ils sont habités, mais il y a toujours quelque chose qui cloche… Et surtout, on ne peut jamais trouver la sortie.” Pour mieux comprendre comment Kane Parsons est passé de YouTube à A24, nous avons discuté avec lui de ses inspirations.

The Ultimate Liminal Space Compilation

La photo originale des “backrooms” a été prise en 2002 dans un magasin de meubles désaffecté à Oshkosh, dans le Wisconsin. Elle est vite devenue la clef de voûte d’un phénomène plus large : l’attrait pour les “espaces liminaux”, qui a généré des subreddits, des comptes Twitter et autres chaînes YouTube proposant une accumulation d’images donnant à voir des lieux vides et étranges.

La passion de Kane Parsons est née sur YouTube. “Je pense que beaucoup de gens ont du mal à expliquer ce qu’ils ressentent vis-à-vis des espaces liminaux. Au cœur de ce phénomène, il y a cette question récurrente : ‘Pourquoi cela provoque-t-il quelque chose de si fort en moi ?’”

“On trouve des tas de photos présentant des espaces liminaux, compilées sur de la musique ambiante ou électronique, des sons légèrement dérangeants comme la bande-son de Minecraft ou Five Nights at Freddy’s… A priori, rien ne lie ces images entre elles, si ce n’est le sentiment général que j’éprouve en les regardant.”


Source:

www.gqmagazine.fr

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