Après un regain de popularité au lendemain de sa réélection au Havre, Édouard Philippe repart à la baisse. Laissant la compétition ouverte à droite et au centre.
Avis de migraine au lendemain de la fête ? En forte hausse le mois dernier après sa victoire au Havre, Édouard Philippe repart à la baisse dans l’édition de mai du baromètre Cluster17 pour Le Point. L’ancien Premier ministre, discret médiatiquement, recule de 4 points de popularité (23 %) et passe de la quatrième à la treizième place du classement. « L’effet municipales s’estompe », tranche Jean-Yves Dormagen, président de Cluster17.
Résultat, à moins d’un an de l’échéance présidentielle, le bloc central n’a toujours pas de prétendant naturel. « À ce stade, si candidat unique il y a dans cet espace, on ne peut toujours pas dire s’il s’appellera Édouard Philippe, Gabriel Attal ou Sébastien Lecornu, analyse Jean-Yves Dormagen. D’autant qu’aucun d’eux ne fait le plein chez les électeurs d’Emmanuel Macron de 2022. Tous les trois pâtissent d’un électorat déçu, dont l’aile gauche trouve que le macronisme est trop à droite et l’aile droite que le bilan sur le régalien n’est pas bon. »
Knafo en haut de tableau, Ruffin premier à gauche
Sans retrouver les niveaux atteints lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau gagne en revanche 2 points de popularité (26 %) et remonte de la dixième à la septième place du classement. « Il a réel un potentiel électoral, mais toujours beaucoup plus faible qu’au printemps 2025 », souligne Jean-Yves Dormagen.
En haut de tableau, Jordan Bardella et Marine Le Pen font toujours la course en tête, avec un niveau stable de popularité (39 et 38 %), pendant que Marion Maréchal s’invite à la troisième place (28 %, + 3). Testée pour la première fois dans notre baromètre, Sarah Knafo débarque à la cinquième place. « Elle bénéficie de la domination de l’espace des droites radicales conservatrices, pointe Jean-Yves Dormagen. Mais elle est sensiblement moins rejetée qu’Éric Zemmour, ce qui suggère un potentiel électoral supérieur à son mentor. »
À distance des avant-postes, la première personnalité de gauche, François Ruffin, n’arrive qu’à la dixième place (24 %, -1). « Les électeurs ont du mal à le situer, décrypte Jean-Yves Dormagen. Par ailleurs, il a un problème : il n’est, à gauche, ni le premier choix des modérés, ni celui des radicaux. » Quant à Jean-Luc Mélenchon, en route vers 2027, il bénéficie d’un socle de popularité de 21 %, (dont 13 % de soutien, la meilleure performance à gauche), mais il suscite un rejet massif (62 %), derrière Éric Zemmour (63 %) ou Emmanuel Macron (70 %).
Hollande cale encore
Une de Marianne, association de financement, dîners à la questure du Sénat… François Hollande cache de moins en moins ses envies pour 2027. Mais, dans l’opinion, cette campagne qui ne dit pas son nom ne semble pas pour l’instant porter ses fruits. « François Hollande a un niveau de popularité très bas (14 %), dont seulement 4 % de soutien, pointe Jean-Yves Dormagen. Surtout, son niveau de rejet est très élevé (67 %). Son opération présidentielle paraît donc très aléatoire. »
Source:
www.lepoint.fr



