Comme attendu, les membres de l’Opep+ ont réhaussé leurs quotas de production de pétrole, une décision visant à afficher la continuité du groupe malgré le départ surprise des Émirats.
L’Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres pays membres de l’Opep+ ont convenu d’augmenter légèrement leur production de pétrole ce dimanche 3 mai, lors de leur première réunion depuis le séisme provoqué par le départ surprise des Émirats arabes unis. Cette hausse restera toutefois largement théorique tant que le conflit entre les États-Unis et l’Iran continuera de perturber l’acheminement du brut du Golfe.
Les sept membres de l’organisation des producteurs de pétrole réunis ce dimanche étaient l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït, l’Algérie, le Kazakhstan, la Russie et Oman. Dans le détail, ces sept pays ont donné leur accord de principe pour relever leurs objectifs de production d’environ 188.000 barils par jour (bpj) en juin, ce qui constitue la troisième augmentation mensuelle consécutive depuis le début de la guerre contre l’Iran déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février.
Cette mesure vise à montrer que le groupe est prêt à augmenter l’offre dès que la guerre prendra fin. Mais, même après cela, il faudra plusieurs semaines, voire plusieurs mois, avant que les flux ne reviennent à la normale, ont déclaré des dirigeants du secteur pétrolier du Golfe et des négociants mondiaux en pétrole.
La déclaration du groupe ne mentionne pas les Emirats arabes unis, une omission qui reflète « en effet » un signe de tensions dans les relations avec Abou Dhabi après son départ de l’alliance cette semaine, estime Jorge Leon de Rystad Energy.
« En s’en tenant à la même trajectoire de production – simplement sans les Émirats arabes unis -, elle fait comme si de rien n’était, minimisant volontairement les fractures internes et affichant une image de stabilité », estime Jorge Leon.
« Un événement majeur »
Pour le groupe, le départ des Émirats arabes unis est pourtant « un événement majeur », bien plus important que le départ du Qatar en 2019 puis de l’Angola, a estimé Amena Bakr, analyste chez Kpler, lors d’une visioconférence à ce sujet. En plus d’être le quatrième producteur de l’Opep+ en volume, Abou Dhabi dispose de très importantes capacités inexploitées de production, un levier essentiel du groupe quand il doit réguler le marché.
Avec le départ des Émirats arabes unis, l’Opep+ compte 21 membres, dont l’Iran, mais seuls ces sept États – plus les Émirats – ont participé aux décisions mensuelles de production ces dernières années. La production de pétrole brut de l’ensemble des membres de l’Opep+ s’est établie en moyenne à 35,06 millions de bpj en mars, soit une baisse de 7,70 millions de bpj par rapport à février, a indiqué l’Opep dans un rapport publié le mois dernier.
Le blocage du détroit d’Ormuz a propulsé les prix du pétrole à leur plus haut niveau depuis quatre ans cette semaine, au-dessus de 125 dollars le baril, alors que les analystes commencent à prévoir une pénurie généralisée de kérosène d’ici un à deux mois et une flambée de l’inflation à l’échelle mondiale.
La guerre en Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz qui en a résulté ont freiné les exportations des membres de l’Opep+ que sont l’Arabie saoudite, l’Irak et le Koweït, ainsi que celles des Émirats arabes unis. Avant le conflit, ces pays étaient les seuls capables d’augmenter leur production au sein du groupe.
Source:
www.bfmtv.com



