Le maire d’une commune des Côtes-d’Armor a été placé ce jeudi 30 avril en détention provisoire, a annoncé le parquet de Toulon, l’édile étant soupçonné d’avoir « dirigé un groupe sectaire ». L’une de ses victimes présumées – principalement des femmes – affirme avoir subi « des actes sexuels sous la contrainte ». Le procureur de Toulon Raphaël Balland n’identifie pas le mis en cause, résidant des Côtes-d’Armor « où il a été récemment élu maire d’une petite commune. »
Plus tôt, le quotidien Ouest-France évoquait le maire de Tréogan, précisant qu’il avait été élu pour la première fois lors des municipales de mars. Selon le parquet de Toulon, le mis en cause, âgé d’une vingtaine d’années, est « soupçonné d’avoir dirigé un groupe sectaire ».
L’affaire débute en 2022. Une étudiante de 21 ans porte plainte dans le département de la Mayenne. Elle accuse un homme de la « menacer de mort » si elle quitte un groupe de discussions qu’il a créé sur un réseau social, et ayant pour objectif affiché « la rencontre de personnes à haut potentiel intellectuel ». « Selon la plaignante, cet homme dirigeait ce groupe de discussions structuré par une organisation hiérarchisée », assure le parquet de Toulon.
Les participants, « adeptes de spiritualité et de philosophie, se voyaient promettre la possibilité d’atteindre le « cinquième palier d’instruction ultime » à condition de suivre l’enseignement de cet homme, qui aurait exigé de certaines femmes une « dévotion totale », en le reconnaissant comme « l’absolu » et le « divin » », poursuit le communiqué.
Au-delà de cette première victime, les enquêteurs ont identifié « cinq autres jeunes femmes (…) susceptibles d’avoir été victimes du même homme », ajoute le parquet. L’une d’elles « était âgée de 17 ans à l’époque des faits. Deux d’entre elles refusaient de déposer plainte, estimant n’avoir été victimes d’aucune infraction. »
« Contributions financières »
Outre « un contrôle très intrusif dans la vie personnelle et intime de ces jeunes femmes », le mis en cause aurait instauré « des contributions financières », allant de « quelques centaines d’euros » à « près de 30 000 euros déboursés pour l’une d’elles ». « L’une de ces femmes affirmait avoir vécu des violences psychologiques et avoir subi des actes sexuels sous la contrainte », ajoute encore le communiqué.
D’après le parquet, le mis en cause a été présenté jeudi à un juge des libertés et de la détention à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), qui a ordonné « son placement en détention provisoire, dans l’attente d’être présenté devant le magistrat instructeur de Toulon dans les prochains jours. » Le juge décidera alors « d’éventuelles mises en examen » et d’un maintien en détention ou d’une remise en liberté, précise encore le procureur de Toulon.
Source:
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