Que s’est-il passé à bord du navire MV Hondius, qui sillonne l’Atlantique, actuellement entre le Cap-Vert et Tenerife ? Un foyer d’hantavirus, responsable de symptômes tels qu’une fièvre et une possible atteinte respiratoire et cardiaque, s’est déclaré à bord début avril et a pour l’heure entraîné la mort de trois passagers.L’arrivée du bateau dans l’archipel espagnol des Canaries est prévue ce weekend avant une évacuation des passagers prévue en début de semaine prochaine. « Plus aucune personne n’a de symptômes à bord », a annoncé ce 7 mai à la mi-journée le croisiériste Oceanwide Expeditions dans un communiqué. Selon le site de suivi maritime Marine Traffic, le navire devrait arriver aux Canaries dimanche en milieu de journée.
Une souche venue des Andes
Les autorités sanitaires cherchent toujours à comprendre l’origine du foyer et identifier de possibles cas contact. Il n’existe à ce jour ni vaccin, ni traitement spécifique contre ce virus qui peut être contracté au contact de rongeurs. La souche des Andes, retrouvée sur des passagers infectés, est la seule à être connue pour des cas de transmission interhumaine. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la première contamination a eu lieu avant le début de l’expédition le 1er avril car le premier passager décédé, un Néerlandais de 70 ans, a présenté des symptômes dès le 6 avril.
« La période d’incubation est d’entre une et six semaines » mais généralement, « plutôt autour de deux-trois semaines », a expliqué à l’AFP Anaïs Legand, experte technique sur les fièvres hémorragiques virales à l’OMS. Ainsi, la première personne contaminée « a très clairement eu une exposition avant d’embarquer sur le bateau, certainement liée à un rongeur », a-t-elle insisté.
Un problème pas suffisamment pris au sérieux
Deux autres passagers sont décédés depuis le début de la croisière, qui reliait Ushuaïa en Argentine au Cap-Vert. Il s’agit de l’épouse du septuagénaire néerlandais, et une passagère Allemande. En ce qui concerne les personnes rapatriées, un homme est hospitalisé à Johannesburg, un autre à Zurich et trois personnes ont été évacuées du bateau via le Cap-Vert. Deux sont arrivées mercredi 6 mai au soir à Amsterdam et l’une prise en charge au centre médical universitaire de Leyde aux Pays-Bas. Un autre passager, cas contact asymptomatique, à lui été transféré à l’hôpital de Düsseldorf (Allemagne).
Par ailleurs, des inquiétudes montent aussi sur l’île de Sainte-Hélène, où 29 passagers ont quitté le navire le 24 avril, selon le croisiériste. Parmi ces passagers débarqués, un vidéaste turc, Ruhi Çenet, a déploré le 6 mai auprès de l’AFP que l’équipage n’ait « pas pris le problème suffisamment au sérieux ». Jusqu’à ce débarquement, « la vie a poursuivi son cours » sur le bateau malgré la mort du passager néerlandais le 11 avril. Et l’équipage n’a pas « envisagé la possibilité d’une telle maladie contagieuse », a-t-il raconté. Dans son communiqué du 7 mai, le croisiériste a fait valoir que « le premier cas confirmé » n’a « pas été rapporté » avant le 4 mai.
Un « risque faible » selon l’OMS
Les pays de l’UE doivent prendre en charge leurs ressortissants, éventuellement aidés par la Commission européenne, tandis que l’évacuation des passagers extra-européens est toujours en préparation. Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué à l’AFP qu’il ne pensait pas que la situation soit similaire à celle du début de la pandémie de Covid-19. « Pour l’instant, le risque pour le reste du monde est faible », selon lui. L’hantavirus est endémique dans certaines régions d’Argentine, andines notamment, avec au moins une soixantaine de cas par an ces dernières années.
Source:
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