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Des baisses de fréquentation de 8% dans le métro, 12% dans le RER et même 20% dans le bus: comment la chaleur influe sur la fréquentation des transports en commun à Paris

Une étude conduite par l’Institut Paris Region, en partenariat avec SNCF Voyageurs, la Mass Transit Academy, la DRIEAT, la CCI Paris Ile-de-France et Sustainable Mobilities montre à quel point les pics de chaleur ont des conséquences sur les flux de voyageurs.

Après un mois de mai historiquement chaud, la France se prépare à une nouvelle vague de chaleur la semaine prochaine. Ces événements extrêmes ont des conséquences sur l’usage des transports en commun et leur multiplication permet aujourd’hui de collecter une masse de données qui permettent de quantifier ces effets.

Ainsi, l’étude « Mobilité sous pression climatique » conduite par l’Institut Paris Région, en partenariat avec SNCF Voyageurs, la Mass Transit Academy, la DRIEAT, la CCI Paris Île-de-France et Sustainable Mobilities montre à quel point les pics de chaleur ont des conséquences sur les flux de voyageurs, une nouvelle donne que les opérateurs de transports comme la RATP et la SNCF doivent désormais prendre en compte.

Le bus est le plus touché

Pour mesurer ces effets, l’étude s’appuie sur les usages observés lors de deux épisodes récents de fortes chaleurs voire de canicule: du 2 au 10 septembre 2023, et du 28 juin au 2 juillet 2025, avec des journées où la température a dépassé les 35 degrés.

C’est le bus qui est le plus affecté avec une baisse de fréquentation allant jusqu’à -20% pour le mardi 1er juillet 2025 où la température à Paris a dépassé les 38 degrés, suivi du RER ou du train (-12% le 6 septembre 2023). Le métro est paradoxalement moins impacté avec une baisse maximale de 8% mais il est vrai qu’en cas de très grosses chaleurs, il fait moins chaud sous terre qu’en surface.

Impacts des épisodes de forte chaleur sur la congestion et l’usage des modes de transport © Institut Paris Régions

« Les Franciliens soulignent la pénibilité, tant physique que psychologique, des épisodes caniculaires, au cours desquels sommeil et bien-être diurne sont dégradés. En ce qui concerne la mobilité, les transports en commun deviennent des espaces d’inconfort lorsqu’ils ne sont pas climatisés ou en cas de forte affluence », peut-on lire dans l’étude.

Pour y échapper, la stratégie des franciliens est le télétravail. « Lors des canicules en particulier, deux tiers des télétravailleurs préfèrent rester à domicile, soit pour éviter la chaleur pendant le trajet (pour 49%), soit parce que la température à leur domicile est plus supportable que sur leur lieu de travail (pour 25%). L’étude précise que jusqu’à 63% des actifs franciliens peuvent télétravailler. 15% changent de mode de transport.

Le télétravail comme stratégie de détournement

Parmi ceux qui choisissent de se rendre sur leur lieu de travail, « 60% expliquent ce choix par le fait que ce dernier est climatisé, et 19% par nécessité liée à l’activité ». Mais entre les effets des pics de chaleur sur le physique et des conditions de transports difficiles, la plupart des entreprises interrogés observent des « salariés très stressés, et pointent les conséquences sur les conditions de travail et la productivité ».

Face à ces aléas climatiques de plus en plus nombreux et intenses, les opérateurs de transport doivent évidemment s’adapter. Etant donné que la climatisation est loin d’être généralisée (ou efficace), 67% des voyageurs du mass transit attendent en premier lieu une meilleure communication en temps réel sur la circulation des trains. Ils sont aussi 60% à souhaiter l’aménagement d’espaces d’attente abrités, pour mieux se protéger de la pluie, du vent ou du soleil. 49% souhaitent que des bouteilles d’eau soient distribuées gratuitement et 32% veulent que des brumisateurs soient installés dans les gares.


Source:

www.bfmtv.com

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