Les Emirats arabes unis (EAU), qui critiquent de longue date les quotas de production de l’OPEP imposés par leur parrain saoudien, envisageaient de quitter l’institution depuis au moins quatre ans. Comme l’a expliqué au Monde le patron émirati du Centre de recherche sur les politiques publiques de Dubaï, Mohammed Baharoon, le pays souhaite « augmenter la production pour assurer [ses] partenariats stratégiques avec l’Inde et la Corée, comme avec les Etats-Unis, qui reposent sur la sécurité économique ».
« A ce titre, la guerre en Iran n’a fait qu’accélérer une décision qui devait être prise tôt ou tard », a-t-il ajouté. Ce retrait est en effet une seconde déclaration d’indépendance pour Abou Dhabi, l’un des principaux producteurs du cartel, dominé par l’Arabie saoudite. Cheikh Zayed, le père du leader émirati Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, dit « MBZ », avait rejoint l’OPEP dès 1967, quatre ans avant de fonder les Emirats arabes unis, fédération de sept principautés côtières.
Avant que la guerre au Moyen-Orient ne chamboule les flux énergétiques du Golfe, les Emirats arabes unis étaient le quatrième plus grand producteur des 22 membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés (OPEP+) – derrière les deux mastodontes du cartel, que sont l’Arabie saoudite et la Russie, et l’Irak.
Pour l’OPEP+, le risque principal de ce départ est que d’autres pays soient tentés de suivre les EAU. Le Kazakhstan et l’Irak ont souvent été pointés du doigt pour avoir dépassé leurs quotas, et selon les instructions de l’OPEP+, ils doivent désormais compenser cette surproduction. Il est prématuré de parler de fin de l’OPEP, a estimé Francis Perrin, chercheur à l’IRIS, auprès de l’Agence France-Presse, mais si ces deux pays « suivaient l’exemple des Emirats arabes unis, on commencerait à entendre sonner le tocsin ». Mercredi, Astana et Bagdad ont fait savoir qu’ils n’avaient pour l’instant pas l’intention de quitter l’alliance.
« Nous voulons espérer » que le départ des Emirats arabes unis ne signifie pas la fin de l’OPEP+, avait réagi de son côté la Russie, par la voix de Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, insistant sur l’importance de l’alliance face au « tumulte » actuel.
Et si, une fois le détroit rouvert, les EAU décident de se mettre à produire à pleine capacité, « le marché perd l’un des rares amortisseurs de chocs qui lui restaient », relève Jorge Leon, analyste chez Rystad Energy. Surtout, l’Arabie saoudite devra supporter plus encore « les efforts pour la stabilité des prix ».
Pour en savoir plus, nous vous invitons à lire cet article du Monde, publié au lendemain de l’annonce de leur retrait :
Source:
www.lemonde.fr



