Un élan de solidarité à la hauteur de la catastrophe. Parti mercredi 22 juillet de la commune de Saumos, un feu d’une ampleur inédite poursuit sa course dévastatrice en Gironde, qui a déjà brûlé 42 000 hectares et plus de 240 maisons, entraîné près de 220 000 évacuations et blessé 88 sapeurs-pompiers, selon les données communiquées par la préfecture de Gironde lundi 27 juillet. À une soixantaine de kilomètres au sud, entre les lacs des Landes, l’incendie qui s’est déclaré le 23 juillet à proximité de Biscarosse a lui parcouru 3 600 hectares, tandis que celui qui est parti le 21 juillet de Pontevès, dans le Var, a détruit plus de 3 700 hectares.
Directement menacés par les incendies ou simplement désireux d’aider, des milliers de Français donnent de leur temps et de leur poche pour soutenir sapeurs-pompiers et évacués. Les services de l’État, les collectivités locales, des associations et des entreprises mettent également à disposition des moyens pertinents. Réforme vous présente une sélection d’initiatives de solidarité avec les secours et ceux qui ont dû fuir.
Ravitaillement en eau
Les agriculteurs se révèlent des alliés cruciaux pour les soldats du feu. Avec une contenance pouvant atteindre des dizaines de milliers de litres et la capacité de se rendre au plus près des incendies sur des terrains accidentés, les citernes agricoles remorquées par tracteur peuvent apporter une précieuse contribution au ravitaillement en eau et limiter les rotations des fourgons d’incendie.
C’est ainsi que dimanche 26 juillet, à l’appel de la Fédération nationale des entrepreneurs des territoires, des convois de véhicules agricoles sont montés à bord du ferry de Royan, en Charente-Maritime, direction Le Verdon-sur-Mer, de l’autre côté de l’estuaire, pour prêter main-forte aux sapeurs-pompiers mobilisés en Gironde. Un exemple parmi bien d’autres de l’engagement remarqué des agriculteurs contre les feux.
Soutien aux sapeurs-pompiers
Au complexe sportif de Lacanau, à la limite nord de l’incendie de Gironde, les combattants du feu peuvent souffler un moment et bénéficier d’un massage professionnel. Une équipe de kinésithérapeutes, d’ostéopathes et de masseurs bénévoles propose cette prestation gracieuse pour faciliter la récupération des personnels engagés – et fourbus – avant qu’ils ne reprennent du service.
Dans le même esprit, la commune de Sainte-Hélène, située entre Lacanau et l’agglomération bordelaise, a converti une salle de sport en centre d’accueil pour les sapeurs-pompiers. Des lits de camp leur y sont mis à disposition et des repas chauds leur sont servis, grâce au travail bénévole d’un restaurateur ainsi qu’à un important afflux de dons alimentaires.
Prise en charge des évacués vulnérables
Parmi les centaines de milliers de résidents et de vacanciers qui ont dû évacuer les zones à risque, de nombreuses personnes âgées ou malades nécessitent des soins médicaux et des conditions d’hébergement adaptées. La commune du Teich, à la pointe sud-est du bassin d’Arcachon, a ainsi installé une cinquantaine de lits médicalisés, autour desquels se relaient des soignants volontaires, dans une salle de spectacle municipale.
Des institutions spécialisées offrent aussi leur concours, comme la fondation John-Bost qui annonce sur son site internet que « le site de la vallée de la Dordogne et l’établissement La Rencontre, à Talence, sont engagés pour accueillir et prendre en charge des résidents évacués d’autres établissements de la région ». Lundi 27 juillet, l’Armée du Salut appelait à son tour à la mobilisation et indiquait avoir « déjà accueilli deux personnes âgées de la région de Bordeaux, chassées de chez elles par les flammes », dans son Ehpad des Deux-Sèvres.
Recueil des animaux domestiques
À l’approche du brasier, samedi 25 juillet, le refuge animalier de Mérignac, à l’ouest de Bordeaux, a dû évacuer en urgence ses quelque 200 chats et chiens. Dès le lendemain, un groupe de volontaires réuni par Marie-Claire Penot, directrice du Refuge oléronais à Saint-Georges-d’Oléron (Charente-Maritime), faisait le déplacement pour recueillir une quinzaine de pensionnaires canins, rapporte le quotidien régional Sud Ouest. Avec le concours d’autres refuges, tous les animaux ont pu trouver une place.
La SPA de Gironde, également à Mérignac, qui accueillait environ 180 chiens et autant de chats, a déployé toutes ses forces pour les mettre à l’abri. Grâce à des centaines de familles d’accueil dans toute la France et l’aide spontanée de bénévoles, dimanche 26 juillet au soir, la grande majorité des animaux avait été transférée en lieu sûr.
Carte interactive et appels aux dons
C’est bien souvent d’abord sur Internet, notamment sur des pages Facebook, que s’organise la solidarité concrète avec les sinistrés. Le site Entraide Gironde propose une carte interactive permettant de centraliser en direct les demandes et les offres d’assistance (hébergement, transport, don de vêtements, etc.). Lancé peu après le départ de l’incendie, il a été créé en quelques heures par le développeur Baptiste Guéraud-Pinet avec l’aide de l’intelligence artificielle, d’après des informations du quotidien Le Monde.
Si les dons sont abondants au plus fort des incendies, la reconstruction demandera des efforts longs et soutenus. C’est pourquoi des organisations de solidarité comme le Secours populaire, la Fondation de France, la Croix-Rouge et l’Armée du Salut lancent dès à présent des appels à la générosité pour les populations sinistrées. Une cagnotte Leetchi pour les familles d’Anthony Berthôme et Wilfried Schmitter, deux sapeurs-pompiers ayant perdu la vie en intervenant contre un feu à Mérignac mardi 21 juillet, a déjà recueilli plus de 150 000 euros.
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Source:
www.reforme.net







