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GPA : « Ce qui définit la mère n’est pas l’utérus où l’on a grandi, mais le processus d’adoption psychique dont on a été l’objet »

Il est essentiel que la future loi de bioéthique fasse cesser l’ostracisation injustifiée de la gestation pour autrui (GPA) et permette la mise en place d’un débat serein au sein de la société française, en lieu et place d’une prohibition dont les conséquences n’ont tout simplement pas été évaluées.

La législation actuelle donne un certain confort : elle interdit tout, sauf la greffe d’utérus qui n’a fait l’objet d’aucun débat. La GPA implique à l’évidence un bouleversement conceptuel au sens où la mère n’est plus forcément celle qui accouche. D’où les résistances qu’elle suscite : on ne touche pas impunément à la représentation de la maternité.

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Car dans la fécondation in vitro, avec ou sans don, la femme enceinte reste la mère quels que soient les apports étrangers au couple, ce qui n’est plus le cas dans la GPA. Ceux qui, de l’extérieur, condamnent ce dispositif ne connaissent que les demandes des couples confrontés à une stérilité utérine définitive et celle des couples d’hommes. Mais les motivations des mères porteuses à porter un enfant pour autrui sont largement inconnues.

La prohibition de la GPA en France est la cause de faits divers détestables liés à l’absence d’encadrement. La relation entre la mère d’intention et la mère porteuse est ignorée, alors que c’est le centre même de ces questions.

Nature variable des demandes

Une femme ne devient pas mère le jour où elle accouche et cela est vrai pour toutes les mères, y compris les mères porteuses, où se pose une question psychologique nouvelle : celle de l’élaboration mentale d’une femme vis-à-vis d’un fœtus qu’elle porte mais qu’elle ne désire pas puisqu’il n’est pas le sien et qu’elle s’apprête, dès avant la grossesse, à rendre au couple qui l’a conçu après l’avoir « materné » pendant neuf mois et en avoir accouché.

L’anthropologue Elly Teman a décrit le ressenti d’un « corps à la fois unique et duel » entre la mère d’intention et la mère porteuse, qui permet à la mère d’intention de vivre également une grossesse psychique. La qualité de cette relation favorise l’élaboration d’un enfant imaginaire et l’accueil de l’enfant réel.

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Source:

www.lemonde.fr

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