À l’origine d’In Waves, il y a le magnifique roman graphique éponyme publié en 2019, best-seller traduit en une dizaine de langues. L’Américain AJ Dungo y retraçait sa relation avec Kristen, jeune surfeuse passionnée qui l’initia à cette discipline et mourut d’un cancer à 25 ans. Ce pavé singulier (près de 400 pages) proche du journal intime était un mausolée érigé à la mémoire de son amoureuse défunte en même temps qu’un précis affûté sur l’histoire du surf.
Le film, autant l’avouer, ne vaut pas totalement le livre. Il cède parfois à une certaine mièvrerie dans sa première moitié. Mais sa réalisatrice française d’origine vietnamienne, Phuong Mai Nguyen, diplômée des Gobelins et de La Poudrière (Valence), est malgré tout parvenue à déployer son propre style sans trahir l’esprit de la BD.
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David Hockney en référence
Celle qui avait coréalisé l’adaptation en série de la BD Culottées de Pénélope Bagieu a apporté de la couleur pop et plus de rondeur – les toiles californiennes de David Hockney font partie de ses références. In Waves passe un peu vite sur la culture hawaïenne (le surf y est né pendant la période coloniale britannique) en évoquant seulement le pionnier Duke Kahanamoku (1890–1968).
Le chagrin sublimé
Mais il décrit bien la mystique de la glisse, les effets euphorisants du vent et des vagues, tout en évoquant frontalement la cruauté des situations entourant la maladie (l’amputation, les opérations à répétition). C’est en assumant pleinement le pur mélodrame, notamment à la faveur d’un voyage hivernal à Seattle, noces de la neige immaculée et de la mort imminente, que le film émeut en profondeur. Un titre électrique de Kevin Morby (I Have Been to the Mountain) favorise le décollage en mêlant au chagrin infini une forme d’élévation gracieuse.
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Source:
www.beauxarts.com



