À la Une de la presse, ce jeudi 6 août, la campagne de désinformation visant plusieurs personnalités en lice pour la présidentielle française de 2027 – une campagne attribuée aux services russes. La Russie, qui n’a pas le monopole de l’ingérence, largement pratiquée également par l’administration Trump, notamment au Brésil. Les questions entourant l’état de santé du président camerounais Paul Biya. Et une infraction aussi inhabituelle qu’imprudente au code de la route en Espagne.
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À la Une de la presse, la campagne de désinformation visant plusieurs personnalités en lice pour la présidentielle française de 2027 – une campagne attribuée aux services russes.
Édouard Philippe, Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal ont été ciblés, ces derniers jours, par des opérations de désinformation sur les réseaux sociaux : des « enfumages » orchestrés par le Kremlin, selon Libération, qui fait état du dépôt d’un projet de loi pour pouvoir saisir la justice en urgence en période électorale, ou rendre les peines plus dissuasives. Des mesures toutefois jugées insuffisantes par Marine Tondelier, elle aussi candidate à la présidentielle, pour les Ecologistes et qui propose dans Libé une solution plus radicale : couper X, le réseau social d’Elon Musk, qu’elle accuse d’avoir « un impact plus structurel » que les attaques numériques étrangères. L’ombre d’un réseau social X « partisan et opaque » plane, en effet, sur la campagne présidentielle. L’Opinion rappelle que depuis qu’il a racheté Twitter, en 2022, Elon Musk « multiplie les messages » politiques sur sa plateforme, notamment après l’annonce de la candidature de Marine Le Pen, qu’il a qualifiée de « dernier espoir pour la France ».
Le réseau social X est un relais privilégié des campagnes de désinformation de la Russie. C’est ce que font apparaître les investigations de Viginum, citées par Le Figaro, qui précise que ce service, en charge de la lutte contre les ingérences numériques étrangères en France, a identifié « deux écosystèmes » russes : Storm-1516, impliqué dans la création d’intox contre Édouard Philippe et Raphaël Glucksmann, et Matriochka, qui a ciblé Gabriel Attal. S’agissant de Matriochka, The Insider, média russe d’investigation en exil, indique que la méthode est toujours la même : la diffusion de faux contenus sous l’apparence de médias reconnus et dont les logos sont détournés, comme le montrent des captures d’écran transmises par le collectif Bot Blocker où apparaissent de vrais-faux logos de Libération, du Figaro et de RTL. But de la manœuvre : faire croire que l’ancien Premier ministre aurait, entre autres, tenu des propos insultants envers les musulmans, serait dépendant à la drogue ou encore atteint de la maladie de Parkinson.
La Russie n’a toutefois pas le monopole de l’ingérence, qui est aussi largement pratiquée par l’administration Trump. The Wall Street Journal fait état des accusations du président brésilien Lula, qui affirme que Donald Trump interfère dans l’élection d’octobre au Brésil « pour rétablir la droite au pouvoir », en l’occurrence Flavio Bolsonaro, le fils de l’ex-président Jair Bolsonaro. Politico rappelle que cette ingérence n’est pas nouvelle, et que les États-Unis « tentent d’influencer les élections étrangères depuis des décennies ». D’après le site américain, la nouveauté réside plutôt dans les « fanfaronnades » de Trump et de son équipe, « si maladroites et ostentatoires que chaque décision américaine alimente la suspicion ».
L’administration Trump conditionne, désormais, l’aide aux pays africains en matière de santé. La Croix cite, parmi les conditions posées, le partage des données de santé, ou encore l’accès aux ressources minières – une politique associée à la « cupidité » et au « chantage », par le journal, qui juge cette « tendance » d’autant plus « inquiétante qu’elle semble aussi liée aux lubies de Trump », en particulier en matière de santé, alors même que son scepticisme vis-à-vis de la science n’est plus à démontrer, comme en témoigne « la propagation actuelle, aux États-Unis, de la pire épidémie de rougeole depuis trente-cinq ans ».
À la rubrique Afrique et santé, également, les interrogations sur l’état de santé du président camerounais Paul Biya, 93 ans, qui est absent de son pays depuis près de deux mois, ce qui ne l’a pas empêché de procéder, cette semaine, à une série de changements au sein de l’armée, pour mieux la verrouiller. Pour Le Pays, journal burkinabé, « dire que le Cameroun marche sur la tête » relève de l’évidence : « c’est le pays qui a le plus vieux président au monde et qui passe plus de temps à l’étranger que dans son palais ».
Un mot, pour terminer, d’une infraction inhabituelle au code de la route en Espagne. El Pais raconte que tout est parti d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux en juin dernier – des images prises par un automobiliste sur une autoroute espagnole, montrant un couple en pleins ébats sur le siège conducteur d’une autre voiture. Après enquête, la Guardia civil a identifié les tourtereaux : un couple de touristes en vacances sur la Costa del Sol. Tous deux ont été condamnés à une amende pour conduite imprudente et non-port de la ceinture de sécurité, infractions pour lesquelles ils ont été condamnés à 200 euros d’amende dans les deux cas. S’envoyer en l’air ou conduire, il faut choisir.
Transition diabolique vers un « au revoir ». Je souhaite bon vent à notre cher rédacteur en chef Baptiste Fallevoz, qui s’envole pour la Chine, où il assurera la correspondance de France 24 à Pékin. La Revue de presse, quant à elle, prend ses quartiers d’été. Rendez-vous à la rentrée. D’ici là, prenez bien soin de vous !
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