Analyses & EnquêtesOpinionJean-Philippe Derosier, juriste : « Les primaires conduisent à la défaite davantage qu’elles ne...

Jean-Philippe Derosier, juriste : « Les primaires conduisent à la défaite davantage qu’elles ne contribuent à la victoire »

Maintenant que les élections municipales sont passées, l’élection présidentielle devient le sujet politique principal. La première préoccupation est celle de l’identification des candidats. Pour la plupart des partis politiques, il s’agit de fixer les règles de désignation de leur candidat respectif et, pour ce faire, plusieurs évoquent l’organisation de primaires. Mode de désignation très répandu sur le continent américain – et pas seulement aux Etats-Unis –, il s’est popularisé en France depuis les années 2000, avec toutefois un succès très mitigé.

Il existe différents types de primaires. On en distinguera principalement trois, par souci pédagogique : la primaire « ouverte », la primaire « fermée » et la primaire « semi-ouverte ». La première permet à tous les électeurs de participer à la désignation du candidat. Elle peut même parfois être élargie aux électeurs futurs, c’est-à-dire à ceux qui deviendront électeurs car ils auront 18 ans à la date du scrutin. La deuxième n’est réservée qu’aux stricts adhérents de la structure organisatrice de la primaire, un parti politique dans la plupart des cas. C’est ce qui correspond à une désignation interne. Cette adhésion est généralement subordonnée à une ancienneté de l’adhésion, de plusieurs mois ou années. La troisième reprend le modèle de la deuxième, mais en proposant de supprimer ou substantiellement réduire le délai d’ancienneté et en offrant, par exemple, une cotisation attractive destinée à renforcer les effectifs du parti organisateur.

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A partir de cette modélisation, on peut dresser un constat : la quasi-totalité des partis politiques, à l’exception de ceux dont les règles de fonctionnement interne ne sont pas fondamentalement démocratiques, usent depuis fort longtemps du deuxième modèle. En effet, la désignation du candidat procède d’un vote des militants, même s’il ne devait y avoir qu’un seul candidat. Le troisième modèle a notamment été adopté par le Parti socialiste, en vue de l’élection présidentielle de 2007 (ce même parti avait déjà organisé une primaire fermée avec deux candidats pour l’élection de 1995).

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Source:

www.lemonde.fr

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