Pour répondre aux conséquences du conflit au Moyen-Orient, les secrétaires générales de la CGT et de la CFDT demandent une augmentation des salaires, notamment une hausse du Smic, une indexation des salaires sur les prix et une revalorisation des pensions et des minima sociaux.
Les secrétaires générales de la CGT et de la CFDT, Sophie Binet et Marylise Léon, se sont retrouvées en début d’après-midi à Paris en tête du cortège pour la traditionnelle manifestation syndicale du 1er-Mai, jour férié de Fête du Travail en France et à l’international. Quelques minutes avant le départ du cortège, à 14h place de la République, les deux dirigeantes se sont exprimés auprès de la presse sur l’importance d’augmenter les salaires face au retour de l’inflation, tout en défendant le caractère chômé et férié du 1er-Mai. La « cacophonie gouvernementale a laissé libre à la délinquance patronale », a dénoncé vendredi la secrétaire générale de la CGT.
« Ce n’est pas le vol du 1er-Mai qu’il faut mettre à l’ordre du jour du Parlement. C’est un grand plan pour l’augmentation des salaires », a-t-elle expliqué alors que le gouvernement veut modifier la loi pour permettre aux artisans boulangers et fleuristes de faire travailler leurs salariés ce jour-là, ce que nombre d’entre eux le font déjà.
Le gouvernement veut en effet formaliser, pour 2027, l’ouverture des commerces de proximité comme les boulangeries et les fleuristes ce jour férié, alors que la loi n’a finalement pas été modifiée cette année. Ce 1er mai, le Premier ministre Sébastien Lecornu a d’ailleurs symboliquement acheté du pain dans une boulangerie en Haute-Loire, aux côtés du député et chef de file des Républicains à l’Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, déclarant que « on n’a pas une Assemblée nationale toujours bien facile ».
« De la politique spectacle »
Selon les informations de BFMTV, le Premier ministre a également téléphoné à un boulanger verbalisé ce matin en Isère pour avoir fait travailler des salariés ce 1er mai, le félicitant d’avoir ouvert son commerce ce matin et lui apportant « son soutien le plus total ». Il lui aurait également assuré faire le nécessaire en cas de poursuites, pour qu’il n’ait pas d’amende à payer.
À ce sujet, Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, a dénoncé « la politique spectacle » du Premier ministre.
« Les responsables politiques qui vont dans une boulangerie, je pense que ça fait partie d’une politique spectacle dont on n’a pas besoin aujourd’hui. On a besoin de donner à voir ce qu’est la réalité d’un salarié en boulangerie », a déclaré le cheffe de file du premier syndicat de France avant le début de la manifestation parisienne.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a pour sa part dénoncé dans le cortège la « cacophonie gouvernementale » qui « a laissé libre cours à la délinquance patronale ».
« Cela ne doit concerner que l’artisanat, que ce soit très clair », soutient Marylise Léon
« Les professions de la boulangerie et des fleuristes doivent passer par des accords collectifs de branches pour pouvoir définir les modalités d’ouverture, et notamment les modalités de volontariat des salariés qui peuvent être amenés à travailler ce jour férié », avait déjà expliqué Marylise Léon dans la matinée sur Franceinfo.
« Cela ne doit concerner que l’artisanat, que ce soit très clair et uniquement ces deux branches », avait-elle ajouté. « Le 1er-Mai 2026 ne doit pas être différent du 1er-Mai 2025 ou de 2024 », a-t-elle encore déclaré dans la matinée.
« Le problème des boulangers, ce n’est pas d’ouvrir le 1er-Mai, c’est leur facture d’énergie qui explose, c’est le prix des matières premières et du blé qui augmente considérablement », a ajouté Sophie Binet sur France Inter. « Et c’est le dumping organisé par la grande distribution, les franchisés, les markets, etc… qui les mettent en difficulté ».
La CGT demande un blocage des prix des carburants et hausse de 5% du Smic
Les deux responsables syndicales ont également rappelé l’enjeu d’une hausse des salaires face à la remontée de l’inflation. « Aujourd’hui, nous tirons le signal d’alarme. Des millions de travailleurs sont obligés de choisir entre remplir leur frigo ou faire le plein. La pauvreté n’a jamais été aussi élevée », a lancé la secrétaire générale de la CGT.
« Il faut mettre à l’ordre du jour un grand plan pour augmenter les salaires, bloquer les prix et lutter contre la vie chère. Voilà ce que nous exigeons aujourd’hui », a-t-elle déclaré à la presse.
Pour répondre aux conséquences du conflit au Moyen-Orient, Sophie Binet demande un blocage des prix des carburants, une augmentation de 5% du Smic et le rétablissement de l’indexation des salaires sur les prix, ainsi qu’une revalorisation des pensions et des minima sociaux, dans une lettre adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu.
« Il faut que le Smic puisse être augmenté parce qu’il y a une inflation aujourd’hui », estimée à plus de 2%, a déclaré de son côté sur Franceinfo Marylise Léon (CFDT).
Il doit y avoir « en parallèle des négociations dans les différentes branches professionnelles », a-t-elle estimé, soulignant que parmi les 47 branches professionnelles, des conventions collectives avaient « des niveaux de coefficient qui sont sous le Smic ». Enfin, Sophie Binet a appelé sur France Interà « nationaliser Totalenergies parce que l’énergie, c’est un bien essentiel, on le voit aujourd’hui et ce n’est pas possible que ça soit renvoyé à la loi du marché ».
Source:
www.bfmtv.com



