Provenant du podcast

Auteur-compositeur, arrangeur, producteur, pianiste et claviériste. Depuis son premier voyage en Afrique, il navigue dans divers styles musicaux africains : highlife ghanéen, jazz africain, mbalax sénégalais, pop africaine, musique mandingue…”.Jean-François Rykiel fait sa première Radio de…
Sa playlist
Thelonious Monk Quartet – Monk’s DreamJe devais avoir 5-6 ans, et je me souviens que je disais, quand je serai grand, je veux jouer de la trompette comme Thélonius Monk, parce que moi je mélangeais un peu tout, évidemment à cet âge-là, on ne sait pas exactement qui joue quoi, et j’entendais un instrument dans lequel on soufflait, alors pour moi c’était une trompette, je ne savais pas qu’il y avait Charlie Rose au sax, et un univers composé de sections rythmiques, la basse et la batterie, qui m’évoquaient des paysages, le batteur surtout, quand il joue avec des baguettes ça m’évoque une route peut-être avec des accidents, des passages caillouteux, des choses comme ça qu’on entend par les roulements de caisse claire, et puis quand il joue au ballet ça m’évoque de l’herbe ou du sable, et toujours maintenant en fait j’ai un peu les mêmes images.Stevie Wonder – The first GardenC’est un morceau qui combine des sons électroniques, des chants d’oiseaux et l’harmonica de Stevie Wonder, bien sûr, dans cet album de 1979, qui est la musique d’un film qui s’appelle « La vie secrète des plantes ». Je crois que c’est le premier, en tout cas à ma connaissance, à avoir samplé un oiseau et à lui avoir fait chanter une mélodie qu’il reprend ensuite… à l’harmonica, voilà, j’ai trouvé ce disque fabuleux, c’est pas le plus connu de Stevie Wonder et pour moi c’est un des disques les plus novateurs, il a vraiment une imagination qui dépasse, je veux dire, on sait tous comment il chante Stevie, ça il n’y a pas besoin de… de revenir là-dessus, mais il a quelque chose de vraiment unique dans sa manière de voir le son.Youssou N’Dour – SurvieJe suis au clavier dans ce morceau, c’est moi qui fais l’intro et le petit solo du milieu. J’ai enregistré plusieurs albums avec lui. Il m’a hébergé chez lui au Sénégal, c’était une époque de rêve, de grand bonheur, on jouait tout le temps. On enregistrait, les week-ends on allait faire des concerts dans sa boîte. Le concert commençait à minuit jusqu’à 4h30 du matin et ensuite on allait se boire un milkshake et se manger des pains au chocolat à la pâtisserie de la Medina à Dakar. J’ai des souvenirs extraordinaires de ses deux albums enregistrés avec Youssou et tous ses musiciens, toute l’équipe, tous ceux qui étaient autour de lui. J’y pense avec beaucoup d’émotion parce que c’est une époque que je ne sais pas si je pourrais revivre encore et voilà, je suis quand même très heureux de l’avoir vécu.Doudou Ndiaye Rose – Rose RhytmAvant de connaître Youssou N’Dour, la première personne sénégalaise que j’ai rencontrée, c’était Prosper Niang, qui était l’un des fondateurs du groupe Xalam, c’est lui qui m’a initié à la musique sénégalaise. Moi je l’avais vu à un festival, il était avec son groupe, et j’étais tellement impressionné par sa musique que j’ai voulu le rencontrer. Je ne savais pas comment faire pour le rencontrer et heureusement, je connaissais un ami, un guitariste qui s’appelle Alain Agbo, qui avait son numéro de téléphone. Je l’ai appelé un soir en me disant voilà, je m’appelle Jean-Philippe Riquiel, je joue des claviers et là il m’a interrompu, il m’a dit « Mais mon frère, je te connais, j’ai ton album, un album que j’avais sorti en 1982, que personne ne connaissait et lui le connaissait ». Donc on a passé une heure au téléphone et le lendemain il était chez moi avec plein de cassettes, le vinyle qu’il venait d’enregistrer aussi, il m’a expliqué tout sur la musique sénégalaise, enfin sur les rythmes qu’on appelle le sabar, qui est l’un des rythmes très importants au Sénégal, mais c’est loin d’être le seul évidemment. Et j’ai une grande admiration pour ce maestro des percussions qui était capable de réunir des orchestres de 100 percussionnistes et de les diriger, comme un orchestre symphonique.Ludwig Van Beethoven : Concerto pour violon en ré Majeur , OP61: 1. Allegro Ma non troppo . interprétation Yehudi Menuhin / Orch. Philharmonique de Vienne dir. Wilhelm FurtwänglerC’est une autre « Madeleine de Proust », c’est une œuvre qu’on écoutait pendant les repas, je me souviens aussi de ma maman qui chantonnait la mélodie. C’était une enfance douce, heureuse, avec une seule ombre au tableau, c’est que je n’arrêtais pas de me chamailler avec ma grande sœur, Nathalie. On était insupportables tous les deux, et surtout moi, parce que j’étais le petit frère aveugle et que j’étais chouchouté par mes parents plus qu’elle. Depuis, plus on a grandi, plus on s’est aimé, et plus je l’adore et je lui fais des gros bisous si elle écoute.Georges Brassens – Le temps ne fait rien à l’affaireCe cher Brassens, une musique sans aucun artifice, mais avec des mélodies complexes, et un texte littéraire avec des gros mots, j’adore. Quand j’étais petit, évidemment, ça me faisait tellement rire d’entendre le mot « con » à la radio, découvrez-le, découvrez ses textes qui n’ont pas vieilli, sa voix tellement chaude, ses accompagnements, très simples, mais avec des changements d’accord qui ne sont pas du tout évidents, et ses mélodies, j’aimerais bien entendre des mélodies comme ça de nos jours.Franck Zappa – St.Alfonzo’s Pancakes breakfastAlors, puisqu’on est dans l’humour et dans la déconnade et dans l’irrévérence, on va trouver peut-être un frère à Brassens, sans qu’il l’ait su, les deux se sont peut-être rencontrés au ciel. Un drôle de bonhomme tellement éclectique dans sa musique, là, ce qui est quand même incroyable dans ce morceau, c’est que, enfin, pour moi, c’est un des morceaux qui le résument très bien. Parce qu’il y a en même temps de la musique complètement déconnante type dessin animé, et puis au milieu du morceau, vous avez entendu ce passage très très savant avec des changements d’accord pratiquement à chaque mesure, et puis ça se rebarre dans une espèce de samba déconnante.Leonard Cohen – Take This Waltz (Paris Version)Ca aussi c’était une très belle rencontre, j’ai eu de la chance dans ma vie quand même j’ai fait des belles rencontres, c’est une amie de ma maman, la photographe Dominique Issermann, qui nous a présenté l’un à l’autre, au départ elle m’a fait tourner dans un clip qui s’appelle « Dance me to the end of love » et voilà je devais faire le con, je ne me souviens plus exactement ce qu’elle m’avait fait faire, mais enfin ça n’avait rien à voir avec la musique. Ensuite, Leonard Cohen avait cette chanson qu’il m’a jouée au départ sur un petit clavier automatique avec des arrangements préprogrammés, et puis comme ça parlait de Vienne, je lui ai proposé d’essayer de faire une sorte de valse viennoise. avec mes maigres connaissances en orchestration classique, il a été d’accord et j’ai essayé de faire ce que j’ai pu avec mes claviers. Quand Léonard est venu les écouter chez moi, il avait pris un hôtel juste en face, et quand il est venu, qu’il a écouté, il m’a dit « Oh, tu peux le repasser un petit millier de fois », je crois qu’il était assez content de ce que j’avais fait, et malheureusement, c’est la seule chanson qu’on a faite ensemble.Nina Simone – You’ll never walk aloneJ’avais envie de vous la faire entendre comme pianiste parce que je trouve qu’il y a énormément d’émotion dans ce morceau qui est le thème d’une comédie musicale qui s’appelle « Carousel ». Au départ, j’ai cru que c’était Nina Simone qui l’avait composée et en fait, ce n’est pas elle, mais son interprétation est tellement personnelle, Donc c’est comme si c’était elle en fait. Et voilà Nina Simone, comme vous le savez peut-être, elle voulait être pianiste classique et elle n’a pas pu à cause de sa couleur de peau. Ce coup du destin qui l’a empêché de devenir pianiste classique parmi plein d’autres pianistes classiques a fait qu’elle est devenue cette icône qu’elle a été avec sa voix et avec aussi sa manière très particulière de jouer du piano. d’une manière un peu classique, même dans des thèmes jazz, dans « My Baby Just Cares For Me », elle fait une improvisation qui rappelle un peu Jean-Sébastien Bach, il n’y a qu’elle qui a fait ça, c’est vraiment quelqu’un qui me touche beaucoup, qui m’émeut beaucoup. Ce n’est pas un morceau très joyeux, mais c’est un morceau qui décrit encore aujourd’hui le monde dans lequel on vit.Brigitte Fontaine – Comme à la radioBrigitte, je l’ai rencontrée par l’intermédiaire d’un ingénieur du son qui s’appelait Jean-Pierre Chambard, qui faisait les musiques de défilés de mode de ma maman, et cette chanson, c’est la première chanson que j’ai écoutée de Brigitte.
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Source:
www.radiofrance.fr



