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Le meilleur et le pire des stars au Met Gala 2026 inspiré par l’histoire de l’art

Ce lundi 4 mai, le Met Gala a de nouveau réuni 450 âmes les mieux habillées de la planète sur les marches du Metropolitan Museum of Art de New York. Chaque édition est l’occasion d’un défilé scruté dans le monde entier !

Cette année, le thème « Fashion is Art » accompagnait l’exposition « Costume Art » déployant quelque 400 pièces qui exploraient les liens entre mode, corps et histoire de l’art. Le dress code était aussi clair que vaste : s’inspirer d’une œuvre d’art. De quoi produire le meilleur comme commettre l’irréparable ! Retour sur les prestations qui nous ont marqué… du merveilleux à l’épouvante.

Dans la catégorie chefs-d’œuvre :

Madonna en Leonora Carrington (La Tentation de saint Antoine, 1945)

Madonna et le détail de la “Tentation de Saint-Antoine” de Leonora Carrington (1945) qui l’a inspirée

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© Evan Agostini / AP / SIPA. © Adagp, Paris 2026 / © Bridgeman Images

Madonna n’est décidément jamais là où on l’attend ! Accompagnée d’un cortège de sept dames de compagnie drapées de voiles gris qu’elle traînait comme autant d’ectoplasmes, la « reine de la pop » a débarqué sur les marches du Metropolitan, une nef de vaisseau fantôme sur la tête. La scène renvoie à un détail de la Tentation de saint Antoine de Leonora Carrington, peinte en 1945, œuvre surréaliste peuplée de créatures spectrales et d’une poésie obscure. Une patte qu’Anthony Vaccarello, pour Saint Laurent, a traduit en une robe noire brodée d’oiseaux. Bonus : rappelons que la chanteuse avait déjà puisé dans l’univers de Carrington pour son clip « Bedtime Stories » en 1994. 30 ans de fidélité à une surréaliste méconnue du grand public (actuellement au centre d’une exposition au musée du Luxembourg) : plus qu’une référence, c’est une vraie déclaration d’amour !


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Kim Kardashian en Allen Jones (Cover Story 4/4, 2021)

Kim Kardashian et « Cover Story 4/4 » d’Allen Jones, 2021

Kim Kardashian et « Cover Story 4/4 » d’Allen Jones, 2021

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© Evan Agostini / AP / SIPA. Courtesy Almine Rech, Paris-Bruxelles

Pour ce Met Gala 2026, Allen Jones (né en 1937), artiste pop britannique connu pour ses sculptures féminines provocatrices, était aux manettes d’une robe sur mesure pour la sculpturale Kim Kardashian, prolongeant directement son œuvre Cover Story 4/4 (actuellement exposée chez Sceners Gallery à Paris). Cette pièce en cuir réalisée par Whitaker Malem fait écho à sa réflexion continue sur le corps, la sculpture et la mode. Qu’on aime ou qu’on réserve son opinion sur Jones – ses œuvres sont loin de faire l’unanimité –, on ne peut pas nier à l’artiste sa cohérence : sur le tapis rouge, le dialogue entre art, culture populaire et couture était là, assumé, iconoclaste. Du pur Kim Kardashian.

Hunter Schafer en Gustav Klimt (Mäda Primavesi, 1912)

 

Hunter Schaferi et “Mäda Primavesi” de Gustav Klimt, 1912-1913

Hunter Schaferi et “Mäda Primavesi” de Gustav Klimt, 1912-1913

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© Lexie Moreland / WWD via Getty Images. CC0 Metropolitan Museum of Art, New York

L’actrice d’Euphoria a choisi Prada pour incarner la jeune Mäda Primavesi, cette fillette posant dans une robe de la couturière Emilie Flöge que Gustav Klimt immortalisa avec une rare tendresse ornementale. D’une précision admirable, on salue cette habile transposition textile jouant de structure ornementale et de détails brodés. Hunter Schafer n’est pas la seule à s’être mise dans la peau d’un portrait du maître de la Sécession viennoise ce soir-là puisque Gracie Abrams, associée à Chanel et au couturier Matthieu Blazy, a également rendu hommage au célèbre Baiser (1908–1909) de Klimt. Un diptyque involontaire qui aurait eu sa place dans n’importe quelle exposition !


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Les meilleurs espoirs :

Tessa Thompson en Yves Klein (Série « Anthropométries »)

Tessa Thompson et « Anthropométrie sans titre (ANT, 123) » d’Yves Klein, 1961

Tessa Thompson et « Anthropométrie sans titre (ANT, 123) » d’Yves Klein, 1961

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© Anthony Behar / Sipa USA / SIPA. © B.Chipault-R.Soligny / Mac Marseille / © Succession Yves Klein c/o Adagp, Paris, 2026

Plongeons dans ce décolleté bleu ! Pour Tessa Thompson, Valentino s’est emparé de l’International Klein Blue en offrant une robe qui reprenait les codes des « Anthropométries » d’Yves Klein, ces performances où l’artiste utilisait le corps féminin comme pinceau vivant dans les années 60. Résultat : une silhouette magnifiée par un bleu qui claque sur le tapis rouge…

Kendall Jenner en Victoire de Samothrace, IIe siècle av. J.-C.

Kendall Jenner et la « Victoire de Samothrace » 200-175 av JC

Kendall Jenner et la « Victoire de Samothrace » 200–175 av JC

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© John Salangsang / BEI / Shutterstock / SIPA. CC0 musée du Louvre / Shonagon / wikipedia

La famille Kardashian, encore ! Zac Posen pour GapStudio a choisi la Niké de Samothrace, célèbre déesse ailée de la victoire, conservée au musée du Louvre, comme modèle pour Kendall Jenner, grande prêtresse de l’influence mondiale. Superpositions de mousseline, jersey et organza évoquent le chiton, les drapés hellénistiques fouettés par la brise de la mer Ionienne. C’est ample, fluide, éminemment instagrammable. La coiffure n’aurait peut-être pas déplu à la sculpture, laquelle, contrairement à la petite sœur de Kim Kardashian, n’a pas de tête !

Anok Yai en Mater dolorosa (Vierge des Larmes de Syracuse, 1953)

Anok Yaï et « Mater Dolorosa » de Pedro Roldán, vers 1670

Anok Yaï et « Mater Dolorosa » de Pedro Roldán, vers 1670

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© Kristin Callahan / Shutterstock / SIPA. CC0 Wikipedia

Miracle, la Vierge sur le tapis rouge ! La mannequin américaine d’origine sud-soudanaise a livré l’une des entrées les plus saisissantes de la soirée avec sa silhouette volumineuse en Balenciaga. Habillée d’une pièce du défilé automne-hiver 1949–1950 de la maison, Anok Yai rendait hommage à la figure de la Vierge des Larmes telle qu’elle apparut à Syracuse en 1953. La mise en beauté, signée Sheika Daley, avec ses larmes reconstituées sur le visage, était des plus spectaculaires.

Mention passable :

Ben Platt en Georges Seurat (Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte, 1884–1886)

Ben Platt et “Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte” de Georges Seurat, 1884-1886

Ben Platt et “Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte” de Georges Seurat, 1884-1886

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© Anthony Behar / Sipa USA / SIPA. © Art Institute of Chicago

Tanner Fletcher, maison non-genrée new-yorkaise, a habillé la star de Broadway Ben Platt dans un costume inspiré du chef-d’œuvre pointilliste de Georges Seurat, un des fleurons de l’Art Institute de Chicago et donc bien connu des Américains. Le brodé est sympathique mais sans point atteindre la révolution chromatique de Seurat – lequel prenait parfois jusqu’à deux ans pour achever un tableau !

Claire Foy en Madame X de John Singer Sargent (1884)

A gauche, Claire Foy. A droite, « Portrait de Madame X » de John Singer Sargent, 1884

A gauche, Claire Foy. A droite, « Portrait de Madame X » de John Singer Sargent, 1884

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© Anthony Behar / Sipa USA / SIPA. CC0 Metropolitan Museum of Arts, New York

Le corsage pigeonnant et la bretelle tombée de l’épaule rappellent le scandale de 1884, ce portrait de Virginie Gautreau qui valut à John Singer Sargent de quitter Paris pour Londres. Port de tête altier, économie de geste et teint blanc, l’actrice britannique Claire Foy, connue pour avoir incarné la reine Élisabeth II dans The Crown, a tout fait pour se mettre dans la peau du chef-d’œuvre conservé entre les murs du Metropolitan Museum de New York. Mais dans ce rôle, Lauren Sánchez Bezos, elle aussi en Madame X par Schiaparelli ce soir-là, a mieux pris la lumière ! Non sans une ironie savoureuse, la muse de Sargent ayant été mise à l’écart de la bonne société, paria de l’intelligentsia, tout comme la femme du patron d’Amazon, sponsor et président d’honneur du gala.


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Rachel Zegler en Paul Delaroche (L’Exécution de Lady Jane Grey, 1833)

Rachel Zegler et « Execution de Lady Jane Grey » de Paul Delaroche, 1834

Rachel Zegler et « Execution de Lady Jane Grey » de Paul Delaroche, 1834

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© Anthony Behar / Sipa USA / SIPA. CC0 National Gallery, Londres

Pour ceux qui ont suivi les polémiques, le sous-texte est voyant à des kilomètres : l’actrice, dont Disney avait tenté de faire le bouc émissaire de l’échec de Blanche-Neige fin 2024, arrive en robe Prabal Gurung les yeux bandés, incarnant le tableau de Paul Delaroche d’une reine décapitée à 17 ans pour avoir eu le tort d’être au mauvais endroit au mauvais moment. On applaudi la cohérence symbolique, moins l’exécution, presque un peu faible.

Les croûtes : attention les yeux !

Heidi Klum en Vestale voilée de Raffaele Monti et Giovanni Strazza (XIXe siècle)

Heidi Klum et « Vestale voilée » de Raffaelle Monti, 1847

Heidi Klum et « Vestale voilée » de Raffaelle Monti, 1847

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© Matt Baron / Shutterstock / SIPA. © Smudge Whisker / Alamy / Hemis

La mannequin et animatrice Heidi Klum a affolé tous les réseaux sociaux en apparaissant en statue de marbre vivante, réalisée par Mike Marino, lequel l’avait jadis transformée en ver de terre géant. L’effet est hyperréaliste, total, mais verse hélas dans la performance de foire plutôt que dans le dialogue avec l’œuvre d’art. Les Vestales voilées de Monti et Strazza sont des miracles de lapidaire qui jouent du marbre avec légèreté… Encore trop difficile à rendre avec du latex et du maquillage.

Cardi B en Poupée (1934) de Hans Bellmer

Cardi B au MET Gala et « La Poupée, seconde partie » de Hans Bellmer, 1936

Cardi B au MET Gala et « La Poupée, seconde partie » de Hans Bellmer, 1936

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© Evan Agostini / AP / SIPA. © Hamurger Kunsthalle / Bridgeman Images / © Adagp, Paris 2026

Marc Jacobs a habillé Cardi B de formes rembourrées, de dentelle noire sur nu et de volumes démesurés en s’inspirant d’Hans Bellmer, connu pour ses variations autour de corps désarticulés de poupées dans les années 1930. Si l’œuvre du surréaliste en question est des plus dérangeantes, la création du couturier Marc Jacobs l’est encore plus ! La tenue de la rappeuse ressemble davantage à une pieuvre à tétons qu’à une méditation sur le corps morcelé des « Poupées » de Bellmer.

Emma Chamberlain en Van Gogh

Emma Chamberlain et « Jardin à Arles » de Vincent van Gogh, juillet 1888

Emma Chamberlain et « Jardin à Arles » de Vincent van Gogh, juillet 1888

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© Kristin Callahan / Shutterstock / SIPA. CC0 Kunstmuseum Den Haag / Google Art Project

Youtubeuse et animatrice, Emma Chamberlain a fait feu de Van Gogh en robe Mugler de Miguel Castro Freitas. Éléments peints à la main à la manière impressionniste et longue traîne de fils colorés… On a du mal à percevoir les tournesols ou les nuits étoilées dans ce bouquet décoratif sans véritable ancrage historique. La chanteuse Charli XCX a fait mieux, habillée en vintage Saint Laurent d’un hommage aux Iris de Van Gogh de 1988.

Du 10 mai 2026 au 10 janvier 2027


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Source:

www.beauxarts.com

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