Politique"Le statut de territoire d’expérimentation pour sécuriser l’eau va faire avancer nos...

« Le statut de territoire d’expérimentation pour sécuriser l’eau va faire avancer nos projets pour les particuliers et l’agriculture », promet Carole Delga



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La présidente de la Région a confirmé ce vendredi 5 décembre le feu vert de l’État pour faire de l’Occitanie, particulièrement touchée par la sécheresse, un territoire d’expérimentation. Elle en espère notamment une simplification administrative pour faire aboutir des projets plus rapidement.

Emmanuel Macron l’avait dit à demi-mot récemment lors d’un déplacement à Toulouse, la ministre de l’agriculture confirmé lors de son passage au Sitevi de Montpellier la semaine dernière. Carole Delga l’a officialisé hier : l’Occitanie va bien bénéficier du statut de territoire d’expérimentation sur la gestion des ressources en eau. Un choix qui coule de source pour la région de France la plus frappée par les aléas climatiques et aussi l’une de celles qui enregistrent toujours la plus forte croissance démographique avec encore 42 000 habitants de plus cette année.

« Voilà deux ans qu’on le réclamait ! »

« Voilà deux ans qu’on le réclamait. Nous y sommes ! Le préfet de région nous l’a confirmé et nous allons l’annoncer en assemblée plénière, ce qui nous permettra de réactualiser notre plan eau », se félicite la présidente de la Région Occitanie.

Quel bénéfice peuvent attendre nos territoires de ce statut ? « D’abord des réponses plus rapides à l’urgence liée à la pénurie qui frappe plus durement certains secteurs », répond Carole Delga qui pense évidemment aux besoins des agriculteurs mais aussi à ceux du tourisme et des ménages, parfois soumis à des restrictions à répétition.

Concrétiser Aqua Littoral, pour relier le Rhône aux PO

Sur la zone est de la région, le réseau Aqua-Domitia, lancé de longue date par Georges Frêche, puise de l’eau du Rhône pour sécuriser les ressources du Gard et de l’Hérault. Son extension à l’Aude et aux PO est envisagée depuis près de 10 ans. Une étude de faisabilité appelée Aqua Littoral a été lancée par la Région en mars dernier. Cofinancée par l’État et les Départements de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, elle devrait aboutir à la décision du prolongement fin 2025 et être suivie d’une autre étude, courant 2026, pour détailler les infrastructures nécessaires.

Procédures administratives dérogatoires pour accélérer les projets

« Nous attendons du statut expérimental une procédure dérogatoire, qu’il nous fasse gagner du temps notamment en allégeant les normes administratives et nous faisant accéder à des dispositifs différenciés, martèle la présidente de la Région. De tels projets peuvent s’étaler sur quinze ans. Il faudrait qu’on descende sous les dix ans, voire 5 ans pour les premières réalisations concrètes. »

Au cœur des préoccupations, une actualisation de la carte administrative des ressources en eau qui, selon Carole Delga, « ne reflète absolument pas la réalité de notre situation. »

Phase de concertations menée en 2026 par le préfet de Région

Pour l’heure, le préfet de Région va se lancer dans une phase de concertation avec tous les acteurs du secteur, jusqu’en été 2026, afin de définir les contours des besoins et les projets prioritaires. La phase de lancement pourrait n’intervenir que fin 2026 ou en 2027.

La Région, qui rappelle avoir investi 450 millions d’€ dans la gestion de la ressource en eau depuis 9 ans, assure ne pas tout miser sur des prélèvements supplémentaires dans le Rhône. Elle veut aussi pouvoir accélérer des projets sur la réutilisation des eaux usées, déjà testée dans les PO, la restauration des réseaux existants, des forages ou sur la création de retenues collinaires. Créer un maillage entre bassins-versants semble essentiel pour mieux répartir la ressource.

L’État financera-t-il massivement ces projets ?

Reste l’épineuse question des financements, posée par Carole Delga elle-même : « Quels montants l’État pourra-t-il amener sur des projets pluriannuels, pourrons-nous faire débloquer des crédits européens exceptionnels ? »

Même avec des contours encore incertains, ces annonces redonneront peut-être un peu de perspectives à un secteur agricole régional, viticole en particulier, où 45 % des exploitants vont quitter le métier dans les dix ans, sans savoir si leur exploitation sera reprise.



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