La France n’est plus vraiment à un paradoxe près. Malgré qu’elle accueille tous les ans la compétition cycliste la plus prestigieuse et la plus suivie au monde, le Tour de France, elle n’a pas vraiment une société de pédaleurs au quotidien. Dans un rapport daté d’avril 2025, le Ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation faisait ainsi les comptes : la part modale du vélo en France n’est que de 3%, plus de deux fois moins que la moyenne européenne (8%).
Pourtant, dans certains autres cas, le phénomène est presque mécanique. Dès lors qu’une grande compétition sportive a lieu, surtout en France, les clubs de l’hexagone voient une hausse de leurs inscriptions à la rentrée qui suit. En octobre 2024, alors que l’euphorie olympique retombait doucement sur Paris, la Fédération française de natation revendiquait 10 000 nouveaux adhérents, et les clubs de tennis de table une hausse de 20% des inscriptions. Léon Marchand et les frères Lebrun avaient inspiré les Français jusque dans leurs pratiques.
Une pratique en hausse dans les villes
On pourrait se dire que le vélo, l’un des rares sports qui comporte aussi l’avantage d’avoir un usage au quotidien (se déplacer, finalement), profite du même traitement. Mais disons-le tout de suite : à ce jour, aucune étude ne lie la hausse de la pratique quotidienne du vélo de l’intérêt pour le Tour de France. Seule exception observée, loin de nos terres : en 2014, la fédération britannique de cyclisme avait noté une hausse de 64% de la participation à ses programmes de loisirs après le départ du Tour, organisé dans le Yorkshire.
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Cela peut-il changer ? Toujours selon le rapport ministériel, la pratique du vélo au quotidien “connaît un véritable essor, surtout dans les agglomérations”. En région parisienne, “le nombre de déplacements journaliers à vélo a été multiplié par 4 entre 2001 et 2018”. Une hausse également observée… par Strava, au travers d’une pratique qui mêle justement parfaitement le sport et le quotidien : le bike commuting, soit le fait de réaliser ses trajets domicile-travail à vélo, qu’on appelle en France le “vélotaf”.
Dans un rapport paru en avril 2026, Strava décomptait ainsi dans le monde 550 000 000 de miles (885 millions de kilomètres) enregistrés en tant que trajet domicile-travail à vélo en 2025. 8 millions de ces kilomètres ont été avalés sur les pistes cyclables de Paris, alors que la France “fait partie des pays les mieux classés au monde” selon leurs données.
Source:
www.gqmagazine.fr




