L’espace méditerranéen fait face à une ressource en eau de plus en plus capricieuse, consécutive aux effets du changement climatique, se traduisant par une modification des régimes pluviométriques. En effet, en Méditerranée, il pleut différemment qu’il y a cinquante ans et des événements pluviométriques extrêmes, qui ont pris le nom « d’épisodes méditerranéens », s’y produisent de plus en plus fréquemment.
Des évènements climatiques extrêmes
C’est précisément ce qu’a connu la province de Valence en Espagne, le 29 octobre 2024, avec des précipitations dépassant les 300 mm en 24 h, alors que les cumuls annuels se situent habituellement entre 450 et 500 mm de précipitations. Le résultat ne fut que désolation, avec des conséquences lourdes sur les populations et leurs infrastructures essentielles à la vie (eau, électricité, gaz, transport). Même logique de désastre constatable dans les pays de la rive sud, comme début septembre 2024 dans la région de Zagora, dans le Sud-Est du Maroc, occasionnant un lourd bilan humain. Plus de 200 mm de pluie étaient tombés en deux jours dans une zone habituellement semi-désertique, constituée de sols imperméables et d’oueds peu habitués à de tels débits.
À l’inverse, ce sont des sécheresses prolongées qui viennent durablement perturber les pays méditerranéens, comme l’illustre par exemple le cas du Maroc. Le Royaume chérifien est confronté à une raréfaction de ses ressources en eau, consécutive à des périodes de sécheresse regroupant six à sept années successives de précipitations déficitaires. En conséquence, la recharge des nappes se fait difficilement et le niveau des barrages reste très bas. Au 2 janvier 2025, le taux moyen de remplissage était d’environ 28,4 % d’après le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Dans ce pays classé parmi ceux dont la ressource en eau renouvelable par habitant est parmi les plus basses de la zone (645 m³/an actuellement, avec une projection à moins de 500 m³/an d’ici 2050 (1)), les ouvrages hydrauliques de retenue ne suffisent plus à répondre aux multiples usages de l’eau, dont la demande reste en constante augmentation du fait de la croissance démographique, de l’urbanisation rapide, des besoins touristiques et de l’expansion de l’agriculture irriguée.
Désalinisation et réutilisation des eaux usées
Dans les années 1960, alors que la disponibilité de la ressource en eau renouvelable était de 2560 m³ par an, le roi Hassan II mobilisa le pays sur trois décennies de construction d’infrastructures hydrauliques, permettant d’atteindre, à la fin des années 1990, le chiffre d’une centaine de barrages construits et exploités.
Mais ces réalisations, pour stratégiques qu’elles soient, ne sont désormais plus suffisantes, et ne permettent plus de subvenir aux besoins en eau du Royaume. Dans ce contexte, le roi Mohammed VI a fixé au rang de priorité nationale la réalisation de nouveaux grands ouvrages, mais cette fois destinés aux ressources en eau alternatives que sont la réutilisation des eaux usées et la désalinisation.
Source:
www.areion24.news



