Le secrétaire d’État américain Marco Rubio se rendra dans les prochains jours à Rome et au Vatican où il rencontrera le pape, après les virulentes critiques de Donald Trump à l’encontre de Léon XIV. Une source au Vatican a confirmé dimanche 3 mai les informations de presse concernant cette entrevue qui, selon les médias italiens, est programmée pour jeudi et a pour objectif de tenter de dégeler les relations bilatérales.
Elle aura en effet lieu quelques semaines seulement après les propos acerbes du président américain sur le pape, dont il n’a pas apprécié la rhétorique pacifiste. Une source au gouvernement italien a déclaré que Marco Rubio, qui est catholique, aurait aussi des entretiens avec le secrétaire d’État et numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin.
Le chef de la diplomatie américaine doit également en principe voir les ministres italiens des affaires étrangères, Antonio Tajani, et de la défense, Guido Crosetto, dans un contexte de fortes tensions entre les États-Unis et des pays européens en raison notamment de la guerre au Moyen-Orient.
Selon la source gouvernementale italienne, Marco Rubio a en outre demandé à rencontrer la première ministre d’extrême droite Giorgia Meloni, l’un des plus proches alliés européens de Donald Trump, même si le président américain n’a pas apprécié qu’elle ait défendu le pape à l’encontre duquel il avait tenu des propos peu amènes.
Virulentes critiques
Premier pape américain de l’histoire, les paroles de Léon XIV ont sans doute pesé plus lourd à Washington que celles de ses prédécesseurs – et il s’en est servi, s’en prenant notamment à la politique d’immigration restrictive de l’actuel gouvernement américain. Mais c’est son discours pacifiste de plus en plus marqué, en particulier après le début des attaques américano-israéliennes contre l’Iran, qui a suscité l’ire de Donald Trump. Léon a ainsi qualifié d’« inacceptable » la menace de ce dernier de détruire l’Iran et a exhorté les Américains à exiger de leurs parlementaires qu’ils « œuvrent pour la paix ».
Le président américain a en réponse fustigé le pape sur les réseaux sociaux, le qualifiant de « faible » face à la criminalité et de « nul » en politique étrangère. Il a de plus fait savoir qu’il n’était « pas un grand fan » de Léon XIV et qu’il ne voulait pas d’« un pape qui pense qu’il est acceptable que l’Iran possède l’arme nucléaire ».
Le pape a réagi en disant avoir le « devoir moral de s’exprimer » contre la guerre, puis a de nouveau fait la une des journaux avec un discours au Cameroun dans lequel il a fustigé les « tyrans » qui ravagent la planète. Il a cependant insisté par la suite sur le fait que cette allocution avait été écrite bien avant la polémique et assuré qu’il n’avait pas l’intention de relancer le débat avec Donald Trump.
Menaces de retrait
La communauté chrétienne a exprimé sa solidarité avec Léon XIV et Giorgia Meloni a qualifié d’« inacceptables » les propos de Donald Trump, ce qui a ensuite conduit celui-ci à se dire « choqué par elle ». « Je la croyais courageuse mais je me suis trompé », a même lâché le président américain dans un entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera. Il a par ailleurs accusé Giorgia Meloni, qui s’est efforcée de jouer le rôle de médiatrice concernant les divergences entre Washington et l’Europe, de ne pas avoir aidé les États-Unis au sein de l’Otan.
Donald Trump a menacé de retirer les forces américaines d’Italie, affirmant que Rome « ne nous a été d’aucune aide » dans la guerre contre l’Iran. Il a émis des avertissements similaires à l’intention de l’Espagne, tandis que le Pentagone a annoncé le retrait de 5 000 soldats américains d’Allemagne. Au 31 décembre 2025, l’Italie comptait sur son sol 12 662 militaires américains en service actif, l’Espagne 3 814 et l’Allemagne 36 436.
Source:
www.la-croix.com



