Trois dossiers de reprise de la verrerie Duralex ont été déposés auprès du tribunal de commerce d’Orléans. Mais la date limite de dépôt des offres, initialement fixée à ce jeudi 6 août, a été finalement prolongée jusqu’au 11 septembre.
Trois dossiers de reprise de la célèbre verrerie Duralex ont été déposés auprès du tribunal de commerce d’Orléans jeudi, a annoncé jeudi à l’AFP l’administrateur judiciaire. L’administrateur judiciaire n’a pas souhaité communiquer à l’AFP les noms des candidats. La date limite de dépôt des offres, initialement fixée à jeudi 12h00, « va être prolongée jusqu’au 11 septembre », a-t-il ajouté.
Selon une source proche du dossier, Cédric Meston, via la holding Tomé, est l’un des trois candidats à la reprise de la verrerie de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret), après « avoir déposé une offre cette semaine ». L’entrepreneur français, connu pour être le cofondateur de la start-up HappyVore (marque de substituts végétaux à la viande), avait notamment racheté Tupperware France en 2025.
Le groupe Carlesimo, spécialisé dans la fonderie, avait, via son PDG Jonathan Carlesimo, annoncé à plusieurs médias son intention de déposer une offre durant l’été. Le groupe basé dans la Loire n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP jeudi.
Rappelons que le repreneur d’entreprises APAr, qui devait déposer une offre, a finalement renoncé à son projet. Son fondateur Jean-Christophe Chanjou a expliqué sur BFM Business ce jeudi que « le niveau d’investissements à réaliser pour remettre juste l’entreprise à niveau semble être démesuré par rapport aux capacités de la structure et aux besoins d’investissements pour son développement ».
Placée en redressement judiciaire le 1er juin 2026 en raison de « tensions de trésorerie », un plan de cession de Duralex a été validé par le tribunal de commerce d’Orléans le 2 juillet, confirmant ainsi la poursuite d’activité de la verrerie. En juin, une source proche du dossier, décrivait une situation « sombre », avec des « caisses vides » et des salariés n’ayant touché que 50% de leur dernière paie.
Échec de la transformation en Scop
Fondée en 1945, l’entreprise Duralex s’est fait connaître dans le monde entier pour ses verres réputés incassables. Mais la verrerie a connu de nombreux déboires ces dernières années. En 2021, elle avait été reprise par La Maison française du verre, maison mère de Pyrex, avant d’être à nouveau fragilisée en 2022 par la flambée des prix de l’énergie après l’invasion de l’Ukraine. L’État avait alors débloqué un prêt direct de 15 millions d’euros pour assurer la survie du site du Loiret, où travaillent 243 salariés.
La transformation en société coopérative et participative (Scop), effective en 2024, devait marquer un nouveau départ. Environ 60% des salariés ont investi dans la coopérative, soutenue, y compris financièrement, par la région Centre-Val de Loire et Orléans Métropole. Mi-avril, le directeur général François Marciano, figure de cette reprise en Scop, a été remplacé par Peggy Sadier, jusque-là directrice marketing et commerciale. D’après la CGT, il aurait été « mis à pied », tout comme son fils Antoine, nommé directeur financier et dont les compétences « n’ont pas été démontrées ».
La direction impute les difficultés récentes à une hausse « très importante » des stocks en janvier-février 2026, à des ruptures de produits emblématiques ayant affecté les ventes, ainsi qu’au coût des matières premières et de l’énergie en début d’année.
Pour retrouver l’équilibre financier, François Marciano visait un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros en 2026 ou 2027, puis 39 millions en 2030, des objectifs jugés « intenables » par plusieurs observateurs. « Duralex est une usine, qui a besoin de produire à très gros volume », résumait en avril un salarié sous couvert d’anonymat auprès de l’AFP.
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