Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a aussi rejeté ce mercredi l’hypothèse d’un plafonnement des prix du kérosène.
Pas de panique, la France ne manquera pas de kérosène malgré le blocage du détroit d’Ormuz. Le ministre de l’Économie Roland Lescure assure ce mercredi 6 mai n’avoir « aucune crainte » de pénurie de kérosène pour les mois de mai et juin et « sans doute peu » de risque pour la suite. Après avoir rencontré les acteurs du transport aérien, Roland Lescure a aussi exclu un plafonnement des prix du kérosène.
« Les cas d’annulation » de vols « sont pour l’instant assez exceptionnels » dans le secteur, a précisé son collègue des Transports Philippe Tabarot. De son côté, le ministre du Tourisme Serge Papin a lui estimé que « la saison touristique » estivale s’annonçait « plutôt bien » en France.
Mercredi après-midi, le gouvernement a fait le point avec les compagnies aériennes concernant l’approvisionnement des aéroports français en kérosène. L’impossibilité d’importer du pétrole et du carburant d’aviation depuis les pays du Golfe, depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février, a alimenté les spéculations sur une pénurie future de kérosène. L’Europe a tâché d’augmenter ses importations depuis l’Amérique du Nord, et fait fonctionner à plein régime ses raffineries, sans que cela comble les volumes qui transitent en temps normal par le détroit d’Ormuz, à savoir 20% de son kérosène.
Patrick Pouyanné a tiré la sonnette d’alarme
Interrogé au Sénat mercredi dernier, le patron de Bercy s’était déjà voulu rassurant. « J’avais eu l’occasion de dire fin mars que nous n’aurions aucun d’enjeu d’approvisionnement au mois d’avril: ça a été le cas. Je suis en mesure de vous dire aujourd’hui que pour le mois de mai, nous ne sommes pas non plus inquiets », avait-il détaillé.
« On a des stocks stratégiques. Aujourd’hui, on n’y a pas touché du tout en ce qui concerne le kérosène: moins de 2 millions de barils dans l’ensemble, sur près de 100 millions de barils », avait-il poursuivi.
« Si la situation perdure encore deux ou trois mois, nous entrerons dans une ère de pénurie énergétique », estimait il y a quelques jours Patrick Pouyanné, le PDG d’un des grands fournisseurs de kérosène en Europe, Totalenergies. Les difficultés d’approvisionnement devraient toucher de manière inégale les aéroports. « Nous sommes, par rapport à d’autres, plutôt dans une meilleure situation », expliquait mercredi dernier Christelle de Robillard, la directrice de la stratégie du Groupe ADP, gestionnaire des deux grands aéroports de Paris, Roissy et Orly, qui sont reliés aux raffineries de la région du Havre par un oléoduc. Des aéroports plus petits et plus éloignés des terminaux pétroliers risquent de connaître plus de difficultés.
Bruxelles réfléchit à des pistes face à la crise
Le 21 avril, l’UE indiquait réfléchir à plusieurs pistes face à la crise, en étant par exemple plus souple sur la non-utilisation des créneaux aéroportuaires, ou sur les volumes de kérosène obligatoirement achetés sur place pour décoller depuis un aéroport européen.
Mardi dernier sur la chaîne américaine CNBC, le directeur général de l’irlandaise Ryanair, Michael O’Leary, avait estimé que les compagnies européennes allaient davantage souffrir des prix élevés du kérosène que d’éventuelles pénuries.
« La vaste majorité du kérosène en Europe vient d’Amérique, de Norvège et d’Afrique de l’Ouest. Il n’y a pas de perturbations sur ces approvisionnements (…) Il est de plus en plus improbable qu’il y ait des ruptures de stock tant que rien n’entrave les flux depuis l’Afrique de l’Ouest, l’Amérique et la Norvège vers l’Europe », a-t-il expliqué.
Source:
www.bfmtv.com



