Ferrari le sait bien : tout club dont le point d’entrée se situe à 640 chevaux est un club hyper-exclusif ; par conséquent, le modèle d’entrée de gamme doit constituer un catalyseur suffisamment puissant pour susciter une obsession pour la vie. La marque italienne a pour ainsi dire inventé le principe de l’exclusivité en automobile, traçant un chemin long et sinueux vers ses échelons les plus élevés, peuplés de pur-sang à moteur central hyper-exclusifs. Pour le futur “Ferrarista”, tout commence avec la Ferrari Amalfi, ou mieux encore, sa jumelle décapotable : la Ferrari Amalfi Spider, qui développe autant de puissance que l’hypercar Enzo, conçue pour la piste.
L’Amalfi Spider s’inscrit dans la tradition relativement récente des GT décapotables à moteur V8 à l’avant, et possède donc un historique bien plus bref que ses consœurs équipées d’un V12. Elle doit son existence à des voitures comme la Ferrari California, mais un seul regard sur ses proportions épurées et classiques suffit pour deviner qu’elle succède en fait à la Roma Spider, dont la version coupé avait la particularité d’être le tout premier coupé Ferrari dont le moteur V8 était à l’avant.
© Ferrari
Alors oui, l’Amalfi Spider n’est pas la première de son genre : il s’agit plutôt d’une Roma améliorée. Ou même d’une Roma perfectionnée. Permettez-moi d’ailleurs de commencer par une déclaration sans détour de mon amour pour la Roma, avec ou sans toit. J’adorais sa structure délicate, ses courbes fluides, et même sa calandre légèrement controversée. Ferrari a toutefois estimé qu’il y avait matière à amélioration à tous les niveaux. L’écurie a donc augmenté sa puissance à 640 chevaux, raffermi son châssis, allégé son poids et contourné le casse-tête récurrent des réglementations en matière de bruit et d’émissions pour s’assurer que ce V8 italien puisse encore faire entendre sa douce voix. Ce faisant, ils en ont fait une sorte de petit sœur de la redoutable 12Cilindri, que nous avions pu tester au Portugal.
L’Amalfi Spider porte peut-être le nom d’une célèbre région côtière italienne, mais ne vous y trompez pas : cette voiture est capable de fendre les circuits avec une précision chirurgicale. Les freins jouent ici un rôle majeur : ils ont fait l’objet d’une refonte importante, puisque son système “brake-by-wire” supprime les liaisons hydrauliques physiques au profit d’un freinage électronique commandé par capteurs, qui utilise la puissance de calcul plutôt que la pression exercée par le pied. L’objectif est d’optimiser le freinage pour une utilisation sur circuit, évitant toute sensation de spongiosité. Pas vraiment ce à quoi on s’attend pour une confortable GT décapotable, si ?
Source:
www.gqmagazine.fr




